AccueilSportLe maillot des Bleus à 110 euros : bienvenue au braquage

Le maillot des Bleus à 110 euros : bienvenue au braquage

Le 22 mars 2026, Nike et la FFF ont présenté le nouveau maillot des Bleus avec le faste d’une avant-première hollywoodienne. Campagne baptisée « Braquage », affiches façon film de casse, Statue de la Liberté en toile de fond. Réplica à 109,99 euros, version premium à 159,99 euros. Pour une fois, ils ont choisi le bon mot.

40 % de hausse en trois saisons : cherchez l’erreur

Avant 2022, le maillot réplica coûtait 80 euros. Il est aujourd’hui à 109,99 euros. Soit 40 % d’augmentation en trois saisons, pendant que le SMIC progressait de 35 % en treize ans. Les équipementiers invoquent les surcoûts de matières premières. L’argument existe. Il ne pèse pas 30 euros.

Le coût de production réel d’un maillot — tissu, main-d’œuvre, transport — dépasse rarement 10 euros. En 2018, il était estimé à 3 euros, dont 85 centimes revenaient aux ouvrières thaïlandaises. Le reste ? 60 % pour Nike, 20 % pour les distributeurs, 10 % de TVA, 10 % pour la FFF — laquelle touche désormais 85 millions d’euros en cash par an dans le cadre d’un contrat record de 800 millions sur huit ans. C’est vous qui réglez.

Le faux à 30 euros, seul vrai gagnant

Un faux maillot des Bleus, flocage compris, s’achète 30 euros livraison incluse. Quatre fois moins. Différence visuelle : imperceptible. Résultat : 20 % des 15-18 ans en France achètent sciemment des contrefaçons, pour 850 millions d’euros de pertes estimées en Europe. Nike crie au scandale. Elle devrait se regarder dans un miroir — d’autant que, selon l’Union Sport & Cycle, « beaucoup de ces faux maillots sont fabriqués dans les mêmes usines que les vrais ».

« Être fan de football, c’est limite devenu un luxe », résume William, supporter parisien interrogé par Dégaine. Deux enfants habillés en Bleus avec flocage : plus de 400 euros. En 2013, un maillot de Ligue 1 coûtait 69 euros.

Le football est né dans les classes populaires. La FFF et Nike le savent, surfent sur ce capital affectif depuis des décennies, et éloignent méthodiquement son public originel des boutiques officielles. Appeler ça un « contrat historique » est exact. Appeler ça une trahison l’est tout autant.

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