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Le conseil municipal de Nice a voté vendredi 19 juin un assouplissement de la réglementation sur les locations touristiques meublées de type Airbnb. La délibération, défendue par le maire Éric Ciotti (UDR) au nom du respect de la propriété privée, a suscité l’indignation de l’opposition de gauche, dans une ville où la pression sur le logement des résidents permanents ne cesse de s’accentuer.
Nice autorise jusqu’à 120 nuits de location airbnb
Le texte adopté introduit trois changements concrets. La durée maximale de mise en location d’une résidence principale passe de 90 à 120 jours par an. Pour les propriétaires qui excèdent ce plafond, la validité de l’autorisation de changement d’usage est portée de trois à cinq ans. Les quotas imposés dans les quartiers les plus touchés par la concentration de locations touristiques sont par ailleurs assouplis.
Ce vote marque un revirement notable : l’ancienne municipalité avait durci ces mêmes conditions l’année précédente, dans le sillage de la loi Le Meur visant à réguler les locations de courte durée.
Ciotti invoque la propriété privée et le manque de moyens de contrôle
Devant le conseil municipal, Éric Ciotti a pris soin de préciser que la ville n’entendait pas augmenter le volume global de meublés touristiques. Il a rappelé que Nice perçoit 25 millions d’euros de taxes de séjour annuelles, dont 10,6 millions provenant des seules locations meublées touristiques. L’extension à 120 jours relève, selon lui, d’un principe de respect de la propriété privée, le maire estimant que le macronisme avait traité les propriétaires comme des « vaches à lait ».
À lirePierre & Vacances face au piratage de ses vacanciersL’allongement de la durée de validité des autorisations de changement d’usage répond à une contrainte administrative : le service compétent ne compte que dix agents, rendant les contrôles sur le terrain quasi inexistants. Des dossiers renouvelés tous les cinq ans plutôt que tous les trois ans permettraient de dégager du temps pour ces vérifications. L’assouplissement des quotas dans certains quartiers vise à mettre fin à un contentieux engagé par des loueurs devant la justice administrative.
La conseillère municipale de gauche Juliette Chesnel-Le-Roux n’a pas ménagé sa critique. « On met désormais autant de meublés touristiques sur le marché qu’on ne crée de logements sociaux », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « L’extrême droite dit défendre les Niçois en remplaçant ses habitants par des porteurs de valises à roulettes. »
