Première en France : le SC Club structure un réseau de strip clubs sur des standards entrepreneuriaux classiques et transmissibles.
La franchise française s’est historiquement développée sur des modèles consensuels et reproductibles, évitant les secteurs jugés complexes ou sensibles. Pourtant, certaines activités économiques demeurent dans l’angle mort du discours entrepreneurial non par manque de structuration, mais en raison de représentations culturelles qui empêchent toute analyse économique objective. Le strip club appartient à cette catégorie d’activités invisibilisées, rarement considérées comme des entreprises à part entière malgré leur ancienneté en France et leur encadrement juridique strict.
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C’est précisément cette zone aveugle que le SC Club a décidé d’investir en ouvrant son concept à la franchise. L’enseigne affirme ainsi une démarche inédite dans l’Hexagone en structurant un réseau de strip clubs autour de standards communs, d’une éthique revendiquée et d’un modèle entrepreneurial transmissible. Une initiative qui interroge la capacité d’un secteur stigmatisé à se normaliser par les outils classiques du développement en réseau.
Une définition stricte pour se démarquer des amalgames persistants
Le SC Club revendique une définition précise de son activité, se distinguant clairement des bars à hôtesses et des établissements hybrides. L’enseigne présente le strip club comme un lieu de divertissement nocturne fondé sur des prestations artistiques encadrées, proposées dans un cadre festif, sécurisé et légal. Cette précision n’est pas sémantique mais centrale dans un contexte français où la confusion entre strip clubs, bars à hôtesses et établissements dits « border » reste tenace.
Les danseuses y vendent des prestations de danse, publiques ou privées, selon des règles affichées, des tarifs transparents et une organisation formalisée. L’expérience repose sur la qualité de l’accueil, le confort des espaces et le respect des personnes, artistes comme clients. Cette approche vise à repositionner l’activité non comme une zone grise de la vie nocturne, mais comme un établissement comparable, dans son fonctionnement, aux autres acteurs premium du divertissement de nuit.
L’enseigne insiste particulièrement sur la sécurité, la gestion de l’alcool, le contrôle de l’état d’ébriété des clients et la transparence des prestations. L’objectif affiché consiste à créer une relation de confiance durable avec une clientèle majoritairement masculine et adulte, incluant des profils issus du monde des affaires, du tourisme ou du secteur CHR, mais également des visiteurs occasionnels.
Un pari entrepreneurial sur un marché existant mais non structuré
La décision d’ouvrir le SC Club à la franchise repose sur un constat paradoxal. D’un côté, un marché existant avec une demande réelle et des établissements qui fonctionnent. De l’autre, une absence quasi totale de structuration en réseau, faute de modèles transmissibles et de cadres clairs. En choisissant la franchise, le SC Club applique à un secteur inattendu des logiques bien connues de l’entrepreneuriat : duplication de savoir-faire, standardisation des pratiques, accompagnement des porteurs de projets, homogénéité de l’expérience client.
Cette approche fait de la franchise SC Club une proposition atypique dans le paysage français. Elle s’adresse à des entrepreneurs aguerris, à des professionnels du CHR en quête de diversification, mais aussi à des candidats à la reconversion attirés par un projet encadré, différenciant et économiquement assumé. L’enseigne fonde son modèle sur une maîtrise complète de l’activité, intégrant gestion d’un ERP, programmation artistique, recrutement, formation, management des équipes et relation client dans un cadre formalisé.
Le SC Club s’appuie sur un réseau important de danseuses et sur une école de formation interne, conçue pour professionnaliser les artistes et garantir un niveau de prestation homogène. Des plans de carrière sont proposés aux collaborateurs et collaboratrices, dans une logique de fidélisation rarement mise en avant dans ce secteur. Le management responsable et un formalisme rigoureux constituent des éléments clés du concept, pensés pour sécuriser les franchisés et préserver la cohérence de l’enseigne.
Des obstacles financiers liés à la stigmatisation du secteur
Le développement du SC Club s’inscrit dans un contexte économique contraint. Le secteur du strip club reste confronté à une forte stigmatisation qui se traduit notamment par des difficultés d’accès au financement bancaire. Le monde de la nuit et le CHR, déjà fragilisés depuis la crise sanitaire, sont souvent perçus comme risqués, voire en déclin. Face à ces réticences, le SC Club a dû s’appuyer sur des investisseurs privés et des solutions alternatives.
Cette réalité nourrit la démarche de structuration actuelle. En apportant des standards, une lisibilité et une cohérence de réseau, l’enseigne entend renforcer la crédibilité économique d’un modèle jugé à l’aune de représentations culturelles plutôt que de réalités opérationnelles. La capacité du SC Club à envisager aujourd’hui la franchise trouve en grande partie son origine dans le parcours de son fondateur, Laurent Roué.
Entrepreneur nantais, ce dernier évolue exclusivement dans le milieu du charme depuis le début des années 1990. Il a notamment fondé Charme & Séduction, agence spécialisée dans l’érotisme, puis Frenchy Girl, l’un des premiers sites de vidéoconférence érotique sur Internet, rapidement positionné à l’international. Il a ensuite exploité pendant dix ans Le Petit Théâtre Coquin avant d’ouvrir en 2001 le Strip Café Club, considéré comme l’un des premiers véritables strip clubs en France. Ce parcours de plus de trente-cinq ans constitue le socle de la vision SC Club, présentant l’activité comme sensible certes, mais exigeant rigueur, constance et professionnalisme.

