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- Douze mois d’indemnisation chômage, contre 18 aujourd’hui
- Arrêts de travail : le chiffre de 40 % brandi par Édouard Philippe
- Un délai imposé entre arrêt maladie et rupture conventionnelle
- Gabriel Attal revendique l’antériorité
- Pacte Dutreil : « arrêter de remettre en cause » le dispositif
- Retraites : une réforme annoncée, un âge de départ éludé
- Héritage : des donations élargies plutôt qu’une taxation des successions
- Politique de l’offre : 50 milliards d’impôts de production en moins
Sept candidats à la présidentielle débattent ce jeudi lors de la rentrée du Medef, l’organisation patronale. Édouard Philippe a pris les devants. Dans un entretien accordé à l’AFP, le président d’Horizons avance une mesure phare : ramener à 12 mois la durée maximale d’indemnisation du chômage pour les moins de 50 ans, « comme l’Allemagne ».
Douze mois d’indemnisation chômage, contre 18 aujourd’hui
La proposition prolonge un mouvement déjà engagé. Depuis la réforme de 2023, la durée maximale d’indemnisation est de 18 mois pour les moins de 55 ans, alors qu’elle pouvait atteindre 24 mois auparavant. Au 1er septembre, elle tombera à 15 mois pour les salariés partis en rupture conventionnelle.
Ramener ce plafond à 12 mois reviendrait donc à retrancher six mois à la règle actuelle, soit un tiers de la durée d’indemnisation. La proposition modifie aussi le seuil d’âge : le droit en vigueur raisonne à partir de 55 ans, Édouard Philippe fixe la limite à 50 ans.
Arrêts de travail : le chiffre de 40 % brandi par Édouard Philippe
Deuxième front, celui de la maladie. Le candidat dit vouloir s’attaquer à « l’open bar des arrêts de travail » et avance un chiffre. « L’évolution actuelle des arrêts de travail liés à la maladie, c’est, en valeur, une augmentation de presque 40 % entre 2019 et 2025. » Il y voit une « dérive préoccupante » à trois niveaux : les comptes publics, « l’activité des entreprises et des administrations » et « l’ambiance au travail ».
À lirePourquoi Sandrine Rousseau est devenue inaudibleLe pays de référence change ici. Pour l’assurance chômage, il citait l’Allemagne. Pour les arrêts maladie, il cite l’Espagne, qui « [indemnise] mieux les congés longs » mais se montre « plus [dure] avec les congés courts ». Sa traduction concrète passe par les jours de carence, ces premiers jours d’absence qui ne donnent lieu à aucune indemnisation. Il veut « renforcer les journées de carence d’ordre public » et ne rien verser sur les deux premiers jours d’un arrêt ponctuel.
Le droit actuel prévoit un seul jour de carence dans la fonction publique. Dans le privé, la Sécurité sociale n’intervient qu’après trois jours d’absence, une période le plus souvent couverte par les assurances complémentaires.
Un délai imposé entre arrêt maladie et rupture conventionnelle
L’ancien Premier ministre veut par ailleurs instaurer une période incompressible de « trois, cinq ou six mois » entre un arrêt maladie et une rupture conventionnelle. La cible est explicite : « lutter contre le phénomène de chantage à l’arrêt maladie ».
Gabriel Attal revendique l’antériorité
Interrogé ce jeudi sur BFMTV, Gabriel Attal a jugé que ces propositions allaient « dans le sens de ce que je propose depuis deux ans ». Le candidat Renaissance défendait déjà un durcissement du régime d’indemnisation chômage lorsqu’il occupait Matignon.
Pacte Dutreil : « arrêter de remettre en cause » le dispositif
Édouard Philippe a aussi adressé un signal aux entrepreneurs en défendant le pacte Dutreil. Cet outil fiscal, apprécié des patrons, vise à faciliter la transmission des entreprises. « Il faut arrêter à intervalles réguliers de remettre en cause l’existence du pacte Dutreil », tranche-t-il.
Son argument tient à la visibilité offerte aux entreprises détenues par des familles. Le dispositif « a un immense mérite : l’ensemble des entreprises qui ont un capital familial savent que tant qu’il existe, il n’y a pas trop à se poser de questions sur la façon dont on va pouvoir passer l’entreprise à la génération d’après ».
Retraites : une réforme annoncée, un âge de départ éludé
Sur les retraites, le ton se fait plus prudent. Il plaide pour une réforme « qui prenne en compte toutes les différences dans les métiers, qui doit être parfaitement soucieuse de la justice entre les individus, mais qui accepte l’idée que tout le monde doit travailler un peu plus longtemps ». Il ne se prononce pas sur l’âge de départ.
Héritage : des donations élargies plutôt qu’une taxation des successions
Sur la transmission du patrimoine, Édouard Philippe attaque deux propositions concurrentes : celle de Jean-Luc Mélenchon, qui veut taxer l’intégralité des héritages au-delà de 12 millions d’euros, et celle de Marylise Léon, dirigeante de la CFDT, favorable à une taxation des successions « au premier euro ».
À lireAllemagne : Ulrich Siegmund, l’homme le plus dangereux d’AllemagneIl défend la voie inverse, celle des donations effectuées avant le décès. Il veut « augmenter massivement la capacité d’effectuer, du vivant des personnes, les donations aux enfants, aux petits-enfants et peut-être même plus largement qu’aux petits-enfants », avec « une augmentation très sensible des plafonds pendant les trois premières années du quinquennat ».
Politique de l’offre : 50 milliards d’impôts de production en moins
L’ensemble se réclame d’une filiation assumée. « [Il est] indispensable de renouer avec une vraie politique de l’offre, mise en place par François Hollande et accélérée quand j’étais Premier ministre avec Emmanuel Macron », conclut le candidat. Il propose de supprimer 50 milliards d’euros d’impôts de production, compensés par une baisse équivalente des aides versées aux entreprises.
