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Combien gagne François Bayrou ?

Ex‑Premier ministre renversé en 2025, François Bayrou affrontera à l’automne 2026 son procès en appel dans l’affaire des assistants MoDem, sous le regard braqué sur son patrimoine et ses revenus.

François Bayrou a quitté Matignon depuis l’automne 2025 et se prépare désormais à être rejugé en appel à l’automne 2026 dans l’affaire des assistants parlementaires du MoDem, ce qui rebat en partie la lecture politique de son parcours et de ses revenus. Voici une réécriture actualisée de votre article, en gardant la structure et les ordres de grandeur, mais en l’inscrivant dans le contexte 2026.

Le 13 décembre 2024, en prenant ses fonctions de Premier ministre, François Bayrou a commencé à percevoir le même traitement que tous ses prédécesseurs depuis le décret n° 2012-983 du 23 août 2012 : 12 457 euros de traitement de base, 374 euros d’indemnité de résidence et 3 207 euros d’indemnité de fonction, soit 16 038 euros bruts mensuels, pour un net estimé autour de 10 000 euros par mois, équivalent à la rémunération du chef de l’État.

Le 16 décembre 2024, lors du conseil municipal de Pau, il précise qu’il conservera son mandat de maire, mais sans y adosser la moindre rémunération : « Je resterai maire de façon bénévole, je ne toucherai aucune indemnité », promet-il alors. Il renonce ainsi aux 4 694 euros d’indemnités mensuelles liés à la mairie de Pau et aux 3 072 euros versés au titre de la présidence de la communauté d’agglomération Pau-Béarn-Pyrénées, ne vivant pendant ses neuf mois à Matignon que de son traitement de chef du gouvernement.

Ce que la fiche de paie ne dit pas

Le traitement officiel ne résume pas la réalité matérielle de la fonction. À Matignon, Bayrou dispose, comme ses prédécesseurs, d’un ensemble d’avantages en nature : l’hôtel de Matignon, résidence et lieu de travail, le château de Souzy-la-Briche, propriété de l’État destinée au repos des chefs de gouvernement, ainsi qu’un troisième logement d’usage personnel mis à disposition. À cela s’ajoutent un véhicule avec chauffeur, un accès prioritaire aux avions Falcon et aux hélicoptères gouvernementaux, ainsi qu’une enveloppe de frais de représentation pouvant atteindre 150 000 euros par an, prise en charge par le budget de l’État.

Bayrou revendique néanmoins une gestion plus austère de Matignon : les dépenses de fonctionnement de son cabinet auraient été réduites d’environ 30% par rapport à celles de ses prédécesseurs immédiats, avec une baisse marquée des dépenses de carburant, de communication et d’intendance. Ce souci affiché de sobriété n’empêche pas que la fonction de Premier ministre reste, en pratique, l’une des plus dotées de la République.

1,2 million d’euros : un millionnaire parmi d’autres

Le 10 juin 2025, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) publie les déclarations d’intérêts et de patrimoine des 36 membres du gouvernement Bayrou. L’ancien Premier ministre y apparaît avec un actif total de 1 247 152 euros. Son patrimoine se compose essentiellement de deux biens immobiliers : une maison de 225 m² dans les Pyrénées-Atlantiques, acquise en 1978 et estimée à 500 000 euros, et un appartement de 50 m² dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, acheté en 1997 et valorisé à 550 000 euros. Le reste correspond à un fonds de commerce dans une entreprise d’élevage de chevaux (67 000 euros), à une épargne bancaire d’environ 80 000 euros et à quatre véhicules, sans assurance‑vie ni portefeuille financier significatif signalés.

Avec ce patrimoine, Bayrou se classe au 19ᵉ rang des 22 millionnaires de son propre gouvernement, loin derrière Marc Ferracci, ministre de l’Industrie (22,67 millions d’euros), et Éric Lombard, ministre de l’Économie (21,7 millions d’euros). Le patrimoine moyen des 36 membres de l’équipe Bayrou atteint 2,9 millions d’euros, soit environ 16 fois le patrimoine médian des ménages français, quand celui de l’ancien Premier ministre le place dans les 5% de foyers les plus aisés, sans pour autant figurer parmi les grandes fortunes politiques.

L’élevage de chevaux et les droits d’auteur

La déclaration à la HATVP fait apparaître quelques activités annexes. Le fonds de commerce d’élevage équin a généré un revenu net d’environ 18 220 euros en 2018 puis 20 000 euros en 2019, avant de basculer dans le rouge : le dernier bilan connu affiche un résultat fiscal négatif de près de 18 800 euros. Depuis plusieurs années, Bayrou n’en tire plus de revenus.

Auteur d’une dizaine d’ouvrages publiés depuis les années 1990, il avait déclaré 58 449 euros de droits d’auteur sur trois années consécutives dans des documents rendus publics en 2010. Aucune donnée récente n’est accessible sur ce poste de revenus, la HATVP ne rendant pas publiques, dans le détail, les montants annuels de droits d’auteur et se limitant à des informations globales sur les activités et intérêts.

8 347 euros de retraite par mois, loin des 400 000 euros

En avril 2025, alors qu’il est encore à Matignon, plusieurs publications sur les réseaux sociaux affirment que François Bayrou percevrait « 400 000 euros de retraite par an ». Une somme spectaculaire, mais dénuée de base factuelle : elle semble confondre sa rémunération ou son patrimoine personnels avec des budgets de fonctionnement, notamment celui du Haut‑commissariat au Plan, estimé autour de 350 000 euros lorsqu’il en avait la charge. Bayrou répond en rappelant qu’ « il n’y a pas de retraite de ministre ou de Premier ministre, contrairement à ce que tout le monde croit ».

La réalité est plus discrète mais plus complexe. Sa retraite correspond au cumul légal de droits acquis dans plusieurs régimes au fil de quarante ans de carrière : une pension de l’Éducation nationale au titre de son statut de professeur agrégé, une pension de l’Assemblée nationale après vingt‑six ans de mandat de député entre 1986 et 2017, des droits à l’Ircantec liés à ses fonctions gouvernementales, et une pension de maire depuis 2014. Le total est estimé à 8 347 euros mensuels, ce qui le placerait autour du 12ᵉ rang parmi les personnalités politiques françaises les mieux dotées en matière de retraite, derrière François Hollande (environ 15 500 euros) ou Alain Juppé (près de 27 700 euros).

Le régime de retraite parlementaire a été profondément réformé en 2018 pour s’aligner sur celui des fonctionnaires : un député élu depuis cette date et ayant siégé un seul mandat de cinq ans ne perçoit plus qu’environ 684 euros de pension mensuelle. Bayrou, élu bien avant cette réforme, a bénéficié de l’ancien système surcotisé pour l’essentiel de sa carrière de député.

5,4 fois le salaire médian

Au moment où il dirige le gouvernement, le salaire médian net en France s’établit à environ 1 850 euros par mois selon les données 2023 de l’Insee, tandis que le salaire moyen du secteur privé atteignait 2 733 euros en 2024 et que le SMIC net se situait à 1 426,30 euros au 1ᵉʳ janvier 2025. Le traitement net de François Bayrou à Matignon représente alors environ 5,4 fois le salaire médian sur la base des chiffres 2023 ; en prenant en compte les estimations pour 2025, ce ratio se rapprocherait de 4,6.

Ces écarts de niveau de vie réactivent une polémique ancienne. En février 2021, alors Haut‑commissaire au Plan, Bayrou avait déclaré sur RTL : « 4 000 euros par mois, pour moi, c’est la classe moyenne ». La phrase avait déclenché de vives réactions à gauche, le Parti communiste rappelant qu’à l’époque le salaire médian tournait autour de 1 789 euros ; le lendemain, Bayrou avait expliqué qu’il parlait des revenus d’un ménage – « un couple d’infirmiers, un couple d’enseignants retraités » – et non du salaire d’un individu, sans pour autant faire disparaître la trace de la polémique.

Un ex-Premier ministre face à la justice à l’automne 2026

Le dossier judiciaire le plus lourd pour l’ancien Premier ministre remonte à 2017. Le Parlement européen évaluait alors à 293 000 euros le préjudice lié au détournement présumé de fonds destinés aux assistants d’eurodéputés du MoDem entre 2005 et 2017, ces fonds ayant, selon l’accusation, servi à rémunérer des permanents du parti centriste.

Le 5 février 2024, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé François Bayrou au bénéfice du doute, estimant qu’aucun élément ne permettait d’établir qu’il « avait connaissance de la non‑exécution des contrats d’assistants parlementaires ». Le MoDem a en revanche été condamné à 350 000 euros d’amende, l’UDF à 150 000 euros, et plusieurs anciens eurodéputés ont écopé de peines avec sursis. Le parquet de Paris a fait appel de plusieurs relaxes, dont celle de Bayrou. En mars 2026, la cour d’appel de Paris a fixé un nouveau procès du 9 septembre au 5 octobre 2026 : treize personnes seront rejugées, et François Bayrou comparaîtra cette fois en simple citoyen, près d’un an après son départ de Matignon.

45 420 euros qu’il n’a sans doute jamais touchés

Le 8 septembre 2025, à l’issue d’un vote de confiance perdu à l’Assemblée nationale, François Bayrou voit son gouvernement renversé : 364 députés votent contre, 194 seulement lui accordent leur soutien. Il remet sa démission dès le lendemain, et Emmanuel Macron nomme Sébastien Lecornu pour lui succéder à Matignon.

En vertu de l’ordonnance n° 58‑1099 du 17 novembre 1958, Bayrou pouvait théoriquement prétendre à une indemnité de départ de 15 140 euros bruts par mois pendant trois mois, soit 45 420 euros au total, à condition de n’exercer aucune activité rémunérée pendant cette période. Redevenu maire de Pau et président de la communauté d’agglomération Pau‑Béarn‑Pyrénées à part entière, avec les indemnités afférentes, il devenait vraisemblablement inéligible à cette indemnité de fin de fonctions. Aucune communication officielle n’est venue confirmer noir sur blanc qu’il y avait renoncé, mais les conditions légales rendent hautement improbable qu’elle ait été versée.

Le 16 septembre 2025, son successeur Sébastien Lecornu signe par ailleurs le décret n° 2025‑965 limitant à dix ans le bénéfice du véhicule avec chauffeur pour les anciens Premiers ministres, mesure applicable à compter du 1ᵉʳ janvier 2026 à ceux qui ont quitté leurs fonctions depuis plus de dix ans. Bayrou, lui, ayant quitté Matignon en 2025, conserve en théorie cet avantage jusqu’en 2035, dans un contexte où sa situation judiciaire et politique restera au cœur de l’actualité au moins jusqu’au verdict de la cour d’appel à l’automne 2026.

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