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Le Rafale, nouvel ennemi de l’armée chinoise

Avec 10,9 Md€ de prises de commandes en 2025 et 30 Md€ en négociation en Inde, Dassault Aviation résiste à une campagne chinoise de désinformation sans précédent.

Le Defence Acquisition Council indien a ouvert, en février 2026, des négociations pour l’achat de 114 Rafale supplémentaires, soit le contrat d’armement le plus important en cours de négociation dans le monde. Trente milliards d’euros en jeu, un carnet de commandes Dassault qui dépasse déjà 46,6 milliards fin 2025. Pékin, dont aucun chasseur à l’export n’a trouvé preneur sur ces mêmes marchés, a choisi une autre voie : faux documents, deepfakes, exercices militaires télévisés. Une guerre de l’information que ses propres maladresses ont commencé à retourner contre elle.

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Dassault : 46 milliards de carnet, un record

10,9 milliards d’euros de prises de commandes en 2025, un chiffre d’affaires annuel de 7,42 milliards, en hausse de 19 %. Ces chiffres, publiés par Dassault Aviation, précèdent de quelques semaines l’annonce indienne de février 2026. L’Acceptance of Necessity accordée par le Defence Acquisition Council ouvre la phase contractuelle formelle pour 114 appareils supplémentaires. Ce n’est pas la signature définitive, mais l’Élysée a salué « un jalon très important ». Si le contrat aboutit, l’Inde deviendra le premier client export de toute l’histoire du programme, devant l’Égypte, le Qatar et les Émirats.

Le J-10CE sans acheteur, le J-35 sans marché

Le J-10CE n’a trouvé aucun acheteur en Égypte, en Indonésie ni au Bangladesh, malgré des annonces répétées. Le J-35, que Pékin présente comme son pendant du F-35, bute sur le verrouillage géopolitique occidental et sur des incompatibilités avec les flottes de ses clients potentiels. L’École de guerre économique, dans une étude publiée en décembre 2025, conclut qu’aucun État, aucun prospect, n’a renoncé à l’achat de Rafale à la suite des campagnes chinoises. Chaque contrat signé par Dassault en Asie du Sud, au Moyen-Orient ou en Afrique ferme un marché que Pékin ne peut pas occuper autrement.

L’opération Sindoor et le missile récupéré

Le 7 mai 2025, des pièces d’aéronef sont retrouvées à Aklian Kalan, dans le Pendjab indien, à une vingtaine de kilomètres de la base aérienne de Bathinda. Des responsables américains, cités par Reuters, confirment la perte d’au moins un Rafale lors de l’opération Sindoor, le conflit indo-pakistanais de mai 2025. La rumeur monte rapidement à trois appareils abattus par des missiles PL-15E tirés depuis des J-10C pakistanais.

La Commission américaine de révision économique et de sécurité sur la Chine, dans son rapport annuel de novembre 2025, documente ce qui suit : faux comptes, images générées par IA, captures d’écran de jeux vidéo présentées comme preuves de destruction. La revendication officieuse chinoise atteint trois Rafale détruits. Des sources militaires citées par Challenges indiquent que la perte est imputable à une erreur de renseignement tactique indien : les pilotes ignoraient que la version exportée du PL-15E livrée au Pakistan atteignait plus de 200 kilomètres de portée, contre 150 kilomètres estimés jusqu’alors.

Un exemplaire du missile a été récupéré quasi intact en territoire indien. Il est désormais analysé par les services américains, français et indiens. La force aérienne indienne a officiellement confirmé, à l’issue du conflit, que le Rafale avait « pleinement tenu ses promesses ».

À Xuchang, huit J-16 contre six Rafale indiens

Le 21 décembre 2025, CCTV diffuse les images d’un exercice conduit à Xuchang, dans la province du Henan. Huit chasseurs J-16 de l’Armée populaire de libération y affrontent six Rafale identifiés aux couleurs indiennes, dans le cadre d’une initiative nationale impliquant une vingtaine d’unités. Lyle Morris, chercheur au Stimson Center, rend l’information virale en Occident via un post sur X. Le narratif officiel présente le J-16 comme capable de submerger le Rafale par la masse et la saturation des capteurs.

Le rapport annuel 2025 de l’USCC relève ce que cet exercice dit malgré lui : en faisant du Rafale l’adversaire de référence de ses manoeuvres publiques, Pékin lui attribue un niveau de menace que ses propres chasseurs à l’export n’ont jamais atteint. Aucun client, aucun prospect, n’a modifié sa position après la diffusion des images.

Deux ans d’infox : Émirats, Trappier, Macron

Août 2024. Une infox circule massivement sur les réseaux arabophones et francophones : les Émirats auraient annulé leur contrat pour 80 Rafale en représailles à l’arrestation de Pavel Dourov, fondateur de Telegram, le 24 août 2024 en France. Les autorités émiriennes publient un démenti officiel.

Entre le 25 novembre et le 8 décembre 2025, trois faux documents circulent sur X. Certains sont attribués à Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, d’autres à des responsables diplomatiques indiens. L’un affirme que l’Inde doit envoyer ses pilotes en formation dix semaines avant toute livraison de Rafale Marine. Viginum établit l’origine pakisto-chinoise de l’opération.

Le 17 novembre 2025, la France et l’Ukraine ont signé à Villacoublay une lettre d’intention portant sur environ 100 Rafale, lors d’une visite du président Zelensky. Les experts de l’Ifri qualifient cet engagement de non contraignant, avec de sérieuses incertitudes de financement. En janvier 2026, le réseau russe Storm-1516 fabrique une infox : des chefs d’état-major français auraient détourné deux milliards d’euros destinés à l’Ukraine, diffusée via un faux site imitant l’agence ukrainienne NABU. L’AFP et TF1 Info démentent formellement.

Février 2026 : un deepfake vidéo attribue à Emmanuel Macron des propos fictifs sur le Rafale, diffusé par des comptes pro-pakistanais. Depuis septembre 2025, le ministère des Armées publie un décryptage régulier intitulé « Le Rafale face à la désinformation », adressé aux pays prospects : Indonésie, Grèce, Égypte, Qatar. Devant le Sénat, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a déclaré : « La campagne de désinformation ne gêne pas ceux qui ont déjà des Rafale, parce qu’ils savent que c’est faux. »

Taïwan attend. L’Élysée aussi.

La flotte taïwanaise de Mirage 2000-5 vieillit. Taipei cherche un successeur, et le volume évoqué, entre 36 et 60 appareils, correspond au remplacement direct des Mirage en service. Le 24 septembre 2025, entendu par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a déclaré : « Vous savez très bien ce que veulent les Taïwanais, ils veulent du Rafale. Mais ça ne dépend pas de moi. »

Une vente française à Taïwan ferait de Paris un acteur direct du dispositif d’endiguement américain aux yeux de Pékin. Les représailles envisageables iraient du gel diplomatique aux sanctions économiques ciblées contre la base industrielle de défense française. Sur un autre front, l’Arabie Saoudite, qui avait sollicité une offre Rafale en 2023, s’oriente vers Washington depuis que le Pentagone examine fin 2025 une vente potentielle de 48 F-35 à Riyad.

La décision appartient à l’Élysée. Elle n’a pas été prise.

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