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- Une sanction française de 207 millions
- Un cadre formé à Grenoble EM, resté fidèle à une seule maison
- Un ancien DRH promu au cœur de la stratégie
- Un directeur parti malgré des comptes au plus haut
- Un package aligné sur la politique du groupe
- Des montants connus, d’autres qui restent hors champ
- Un écart persistant avec le salarié médian
- Promesses sociales et partage de la valeur
- Transition énergétique et lieux de décision
- Votes d’assemblée et règles de gouvernance
- Responsabilités partagées, adresses dispersées
Le fauteuil en cuir est tourné vers la baie vitrée. Devant la vue sur les tours de Dubaï, un écran affiche trois vignettes : Paris, Hong Kong, Boston. Olivier Blum parle de “hubs” et de “pôles régionaux”, sans évoquer une seule fois le mot “siège”. Il rappelle que ses équipes dirigeantes travaillent entre l’Europe, l’Amérique du Nord, la Chine et l’Inde, avec des centres de décision répartis. Dans cette pièce climatisée, le patron de Schneider Electric mène ses réunions quotidiennes à plusieurs milliers de kilomètres du siège social français enregistré à Rueil‑Malmaison.
Sur le papier, Schneider reste une entreprise française, cotée à Paris et issue d’une longue histoire industrielle commencée au XIXᵉ siècle au Creusot. Dans les faits, son directeur général s’est établi à Dubaï, où le groupe dit vouloir renforcer la présence sur les marchés indien et du Moyen‑Orient, des zones où la demande d’équipements électriques progresse rapidement. Schneider a confirmé cette localisation en novembre 2024, au moment même où il annonçait la nomination de Blum à la tête du groupe. L’entreprise précise que le dirigeant se rend régulièrement en France et dans les autres “hubs”, mais le centre de gravité de son organisation personnelle est désormais dans l’émirat. Cette configuration géographique, nouvelle pour un patron de groupe du CAC 40, introduit une distance physique avec les lieux où s’exercent les pouvoirs publics et où se ressentent les effets des décisions de prix.
Dans un entretien accordé en mars 2026 à un magazine américain, Blum a déclaré que « Schneider n’a pas de siège global ». Il décrit une direction dispersée : lui à Dubaï, sa directrice financière à Paris, son directeur des ressources humaines en Chine, avec des pôles opérationnels en Europe, en Amérique du Nord, en Inde et en Asie. Le modèle qu’il présente est celui d’une entreprise mondiale structurée par grands marchés plutôt que par pays d’origine, alors que les investissements dans la transition énergétique se déplacent vers les grandes métropoles des pays émergents. Face à ses interlocuteurs, le dirigeant insiste sur l’importance d’être « au plus près » des clients et des chantiers d’électrification, plutôt que des institutions politiques nationales. Dans le même temps, les décisions qui engagent le groupe vis‑à‑vis des autorités françaises restent liées à la manière dont ce pouvoir dispersé se coordonne.
Une sanction française de 207 millions
Fin octobre 2024, l’Autorité de la concurrence a infligé 470 millions d’euros d’amendes à quatre groupes du matériel électrique. Parmi eux, Schneider Electric a reçu la sanction la plus lourde, avec 207 millions d’euros, pour des pratiques d’entente sur les prix de matériels basse tension en France entre 2012 et 2018. Les équipements visés sont les produits utilisés dans les tableaux électriques et les installations intérieures, vendus aux installateurs et aux distributeurs. Les enquêteurs décrivent un système où les prix de revente de certains produits étaient encadrés par des procédures de “dérogation” destinées à maintenir des niveaux élevés, limitant la concurrence au sein même de la marque. Cette décision touche directement les relations du groupe avec les clients professionnels français.
Le groupe a « contesté fermement » cette décision et indiqué qu’il étudiait des recours. Les faits reprochés couvrent plusieurs années et impliquent des pratiques commerciales sur le marché français qui antérieurement ne faisaient pas l’objet de mises en cause publiques. Le montant de l’amende est significatif pour une entreprise qui affiche près de 36 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et plusieurs milliards de résultat opérationnel ajusté. Il intervient au moment où Schneider met en avant ses engagements de conformité et de responsabilité dans ses documents de référence et ses interventions publiques. Dans ce décor, la place occupée par le directeur général basé à l’étranger dans la gestion de ce dossier devient une question concrète.
Un cadre formé à Grenoble EM, resté fidèle à une seule maison
Au début des années 1990, Olivier Blum est un jeune diplômé de Grenoble École de Management. Cette grande école de commerce, installée en Isère, forme des cadres destinés aux fonctions de gestion et de direction, sans être la plus médiatisée des formations parisiennes. En 1993, il rejoint Schneider Electric en France comme ingénieur marketing dans les activités basse tension, au moment où le groupe se développe dans les automatismes et les équipements électriques. Il enchaîne ensuite des postes de marketing et de vente qui le conduisent à diriger les ventes pour le marché français. Depuis cette entrée dans l’entreprise, il n’a jamais travaillé pour un autre employeur.
À lireLa Compagnie du SAV obtient le label QualiRéparDès le début des années 2000, Blum se rapproche du sommet de la hiérarchie. Il devient secrétaire du comité exécutif, l’instance où se discutent les choix stratégiques du groupe. Il est chargé du programme interne d’entreprise, ce qui le place au cœur des discussions sur les orientations industrielles et commerciales. Quelques années plus tard, il part en Chine pour diriger l’activité “basse tension”, puis la stratégie et le marketing sur ce marché, à un moment où Schneider renforce sa présence dans l’électricité industrielle en Asie. Ce passage par la Chine constitue l’une de ses premières expériences de pouvoir loin de la France.
En 2008, il est nommé président de Schneider Electric Inde. Ce pays est en train de devenir l’un des principaux marchés du groupe, avec une urbanisation rapide et des besoins croissants en infrastructures électriques. Blum y supervise le développement commercial et industriel, dans un environnement où les questions de prix et de distribution se posent autrement que sur les marchés historiques européens. Quelques années plus tard, il prend la tête de la division “Retail” mondiale, depuis Hong Kong, avec des responsabilités sur les réseaux de distribution et les produits destinés au résidentiel. Ce parcours l’ancre dans une logique de décisions prises à distance des institutions françaises.
Un ancien DRH promu au cœur de la stratégie
En septembre 2014, Blum devient directeur des ressources humaines du groupe et entre au comité exécutif. Il prend la main sur les politiques de rémunération, de mobilité et de développement des compétences dans une entreprise qui emploie plus de 100 000 salariés dans le monde. Ce poste signifie qu’il participe à définir les salaires, les bonus et les plans d’actions qui concernent les cadres supérieurs et les dirigeants. En 2019, il reçoit le Trophée des DRH de l’année lors d’une cérémonie réunissant des responsables des ressources humaines de grandes entreprises françaises. Ce prix est attribué à des profils jugés moteurs dans la transformation de leur groupe.
Au printemps 2020, Schneider annonce sa nomination comme directeur général Stratégie et Développement durable. Il supervise à partir de cette date la stratégie, les fusions-acquisitions, les engagements climatiques et la qualité, autant de fonctions qui structurent la trajectoire du groupe. Ce poste lui donne un rôle direct dans les arbitrages de portefeuille d’activités, dans le choix des investissements et dans la définition des engagements environnementaux inscrits dans les rapports annuels. Les documents internes le décrivent alors comme un acteur central de la construction du plan de transition énergétique du groupe. Dans les années qui suivent, il prend la direction de l’activité “Energy Management”, qui couvre les équipements pour datacenters, bâtiments et infrastructures, et s’installe à Dubaï pour la piloter.
Un directeur parti malgré des comptes au plus haut
En mai 2023, le conseil de Schneider confie la direction générale à Peter Herweck, qui a rejoint Schneider après une carrière dans un autre groupe industriel. Sous sa responsabilité, le groupe présente une année marquée par une progression de son chiffre d’affaires, une amélioration de sa marge opérationnelle ajustée et une forte génération de trésorerie. Les indicateurs financiers sont en nette amélioration par rapport à l’exercice précédent. Pour un observateur extérieur, rien n’annonce une rupture immédiate de gouvernance. Le contexte est celui d’un groupe qui figure régulièrement parmi les grandes valeurs industrielles de la cote parisienne.
Le 4 novembre 2024, le groupe annonce pourtant la fin du mandat de Herweck avec effet immédiat. Dans son communiqué, Schneider indique vouloir « accélérer l’exécution de sa stratégie » et nomme Olivier Blum directeur général. Aucun reproche détaillé ne vise la gestion des comptes, alors que le discours aux investisseurs reste positif. Des articles de presse citant des sources internes évoquent un style jugé trop solitaire et un rythme d’exécution estimé insuffisant au regard des attentes du conseil. Le pouvoir revient ainsi à un cadre formé en interne qui connaît les rouages de la maison depuis plusieurs décennies.
Un package aligné sur la politique du groupe
Le jour où Blum est nommé directeur général, le conseil d’administration fixe les paramètres de sa rémunération. La décision prévoit un salaire fixe annuel de 1,2 million d’euros, un bonus de court terme pouvant aller de 0 à 200% de ce fixe, avec une cible à 100%, et des attributions d’actions de performance pouvant atteindre 300% du fixe. La structure s’inscrit dans la continuité de la politique appliquée aux dirigeants précédents, telle qu’elle figure dans le rapport sur les rémunérations. Pour l’année 2024, Blum ne dirige le groupe que deux mois, du début novembre à la fin décembre, ce qui réduit le montant effectivement versé. Le salaire fixe dû sur cette période atteint 200 000 euros, soit un sixième de l’enveloppe annuelle.
Le bonus de court terme lié à ces deux mois dépend de l’atteinte des objectifs fixés en début d’année par le conseil, qui portent sur la croissance organique, la marge opérationnelle ajustée, la conversion de trésorerie et plusieurs indicateurs environnementaux et sociaux. La cible de variable proratisée est de 200 000 euros, pour un plafond de 400 000 euros, ce qui maintient le rapport de 0 à 200% du fixe défini pour un exercice complet. À la même date, le conseil lui attribue 2 229 actions de performance au titre du plan de long terme 2024, nombre qui correspond à une fraction de l’attribution cible annuelle d’un directeur général. Ces titres ne seront définitivement acquis qu’après une période de plusieurs années, sous réserve de son maintien dans ses fonctions et de l’atteinte d’objectifs liés au bénéfice par action ajusté, à la performance boursière relative et à des critères de durabilité. Une retraite complémentaire de 30 000 euros, proratisée sur deux mois, et une part calculée à 15% de la rémunération variable versée complètent ce dispositif.
Des montants connus, d’autres qui restent hors champ
Les documents de Schneider détaillent la rémunération des principaux dirigeants pour les derniers exercices, mais ils ne donnent pas le montant des salaires et bonus individuels perçus par Blum avant sa nomination comme directeur général. En tant que directeur des ressources humaines puis directeur stratégie et développement durable, il bénéficiait d’une structure analogue à celle du PDG, avec fixe, variable et actions de performance, sans que les chiffres soient isolés par personne. Le rapport de rémunération agrège les montants des membres du comité exécutif dans des tableaux globaux, ce qui limite la visibilité sur le parcours de rémunération d’un dirigeant précis. Il n’existe pas non plus de données publiques sur les dividendes qu’il a perçus au titre des actions détenues, ni sur son patrimoine immobilier ou financier. À ce jour, aucune estimation de fortune personnelle ne lui est consacrée dans les classements de grandes fortunes françaises.
Des sites d’analyse financière proposent leurs propres estimations, fondées sur les chiffres disponibles et des hypothèses de valorisation des actions de performance. Certains les situent dans la moyenne des sociétés de taille comparable, notamment sur les marchés nord-américains, mais ces données agrégées ne sont pas reprises telles quelles dans les rapports de Schneider. Les documents annuels du groupe restent la référence pour les montants versés et les barèmes officiels, même s’ils ne couvrent pas toutes les dimensions attendues par un lecteur qui s’intéresse au patrimoine des dirigeants. La part de revenus liée aux plans d’actions à long terme dépendra de l’évolution de l’action Schneider dans les prochaines années. Ce point restera lié à la trajectoire boursière de l’entreprise et aux décisions du conseil.
Un écart persistant avec le salarié médian
La loi française impose depuis plusieurs années la publication d’un ratio entre la rémunération du dirigeant et celle du salarié médian, c’est-à-dire le salarié situé au milieu de la distribution des salaires. Les documents d’enregistrement récents détaillent cette donnée pour le PDG, sans encore y intégrer un exercice complet sous Blum. Les tableaux montrent un multiple de plusieurs dizaines de fois entre la rémunération globale du directeur général et celle du salarié médian du groupe, un ordre de grandeur comparable à celui d’autres grands industriels cotés à Paris. Ce calcul inclut salaire fixe, bonus, actions de performance et avantages, ce qui reflète la montée en puissance des rémunérations variables et des plans de long terme dans ces fonctions. Pour l’année 2024, le ratio précis incluant les mois de mandat de Blum n’est pas encore publié.
Des sites spécialisés qui agrègent les informations extra-financières de plusieurs grandes entreprises affichent pour Schneider un ratio dans cette fourchette, en s’appuyant sur les données des documents d’enregistrement. L’entreprise ne commente pas directement ces estimations, mais rappelle dans ses rapports que la structure de rémunération vise à aligner dirigeants et actionnaires sur des objectifs de performance financière et extra-financière. Le futur ratio officiel incluant une année complète de mandat pour Blum dépendra du niveau de bonus qui lui sera versé et de la valeur des plans d’actions à l’issue de la période de performance. Dans un groupe qui emploie plus de 100 000 personnes et réalise plusieurs dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires, ces ordres de grandeur restent proches de ceux constatés dans d’autres grandes sociétés internationales du même secteur. Le débat sur ce rapport, dans une entreprise qui se présente comme attentive à la répartition de la valeur, se rejouera lors des prochaines assemblées générales.
Promesses sociales et partage de la valeur
Quand Blum était directeur des ressources humaines, Schneider mettait déjà en avant ses politiques de diversité, d’inclusion et de développement des compétences. Les communications internes et les tribunes qu’il signe ou co-signe insistent sur les parcours de carrière transversaux, la mobilité internationale et les programmes de formation aux métiers de l’énergie. Le prix de DRH de l’année qu’il reçoit s’inscrit dans ce registre, en mettant en avant son rôle dans l’accompagnement de la transformation du groupe vers les services numériques. Schneider publie en parallèle des objectifs quantifiés en matière de parité, de réduction des écarts de rémunération et de couverture de plans d’actionnariat salarié. Ces éléments participent à construire l’image d’un groupe qui veut associer ses salariés à sa trajectoire.
À lireTotalEnergies renonce au mythe du zéro carboneDepuis son arrivée à la direction générale, Blum prolonge ce ton. Sur LinkedIn, il relaie les classements qui placent Schneider parmi les entreprises où il fait bon faire carrière en France, dans les listes “Top Companies” de la plateforme. Il met en avant les dispositifs de progression interne et les programmes destinés aux jeunes diplômés dans les métiers de l’énergie et du numérique. Les rapports annuels détaillent les objectifs de représentation des femmes dans les instances dirigeantes, la montée des compétences numériques et la couverture des plans d’actions destinés aux salariés. Les montants et ratios correspondant à la direction générale s’inscrivent dans ce paysage, sans être mis en avant au même niveau que les programmes sociaux.
Transition énergétique et lieux de décision
Dans ses présentations aux investisseurs, Schneider rappelle que sa croissance repose de plus en plus sur les solutions d’efficacité énergétique, les logiciels de pilotage et les services associés aux bâtiments, aux datacenters et aux infrastructures. Les plans stratégiques évoquent des objectifs de hausse du chiffre d’affaires, d’augmentation de la marge opérationnelle ajustée et de maintien d’une forte conversion de trésorerie. Blum a dirigé l’activité “Energy Management”, qui couvre ces segments, avant sa prise de fonction comme directeur général. La décision de baser sa résidence principale à Dubaï s’inscrit dans cette perspective, en le positionnant physiquement près de grands marchés émergents où les investissements dans les infrastructures électriques sont en forte croissance. Les pays où Schneider veut accélérer ses ventes en équipements pour datacenters, réseaux et bâtiments se situent de plus en plus dans ces zones de développement rapide.
Lors de son entretien avec le magazine américain, Blum insiste sur la nécessité d’électrifier davantage les usages et de rendre les systèmes plus sobres pour maintenir la trajectoire de réduction des émissions. Il résume cette idée par une formule sur l’“électrification” qui serait déjà engagée, laissant entendre que les grandes décisions ont été prises et que l’enjeu désormais est la vitesse d’exécution. Dans ce schéma, le fait que le directeur général soit physiquement en Asie de l’Ouest plutôt qu’en Île-de-France n’apparaît pas comme un sujet central dans ses prises de parole. Les arbitrages sur les prix, les contrats et la rémunération des dirigeants continuent pourtant de se prendre au niveau des organes sociaux du groupe, dont la plupart restent enregistrés en France. La différence entre le lieu où se tiennent les réunions quotidiennes et le lieu où s’exercent les responsabilités juridiques est au cœur du fil de l’article.
Votes d’assemblée et règles de gouvernance
Les décisions sur la rémunération du directeur général ne dépendent pas uniquement de Blum lui-même. Elles sont préparées par un comité des rémunérations et de la gouvernance, puis soumises au conseil d’administration et à l’assemblée générale des actionnaires. Les dernières assemblées générales montrent que la politique de rémunération des dirigeants est approuvée par une large majorité des voix, ce qui confirme un accord des actionnaires de référence et des investisseurs institutionnels. Les mêmes documents détaillent les plafonds d’indemnités de départ, les clauses de non-concurrence et les conditions de performance des plans d’actions de long terme. Ces garde-fous, définis avant l’arrivée de Blum à la tête du groupe, s’appliquent désormais à sa propre rémunération.
Les actionnaires valident également la stratégie générale présentée chaque année, qui met l’accent sur la croissance dans les solutions de décarbonation, la présence dans les pays émergents et la poursuite du modèle multi-hub. Les résultats financiers des derniers exercices et les perspectives de marché dans l’énergie et le numérique contribuent à expliquer ces votes favorables. Dans ce cadre, le niveau de rémunération et le lieu d’implantation du dirigeant ne se traduisent pas, pour l’instant, par des résolutions critiques ou des votes négatifs marquants. L’amende antitrust de 207 millions d’euros, annoncée à l’automne 2024, sera prise en compte par les investisseurs lors des prochains échanges sur la gouvernance et la conformité. La manière dont Blum répondra à ces interrogations lors des assemblées à venir reliera directement sa position de dirigeant éloigné géographiquement à ses responsabilités en France.
Responsabilités partagées, adresses dispersées
Dans les prochains mois, Schneider poursuivra ses recours contre la décision de l’Autorité de la concurrence sur les pratiques de prix dans le matériel électrique. Les audiences se dérouleront en France, alors que l’entreprise continuera de présenter ses résultats et sa stratégie depuis des salles de réunion situées en Europe, en Amérique du Nord ou au Moyen-Orient. Une partie des décisions sur les prix et les contrats continue d’être prise là où l’entreprise est immatriculée et où siègent ses organes sociaux. Une autre partie se joue au fil des visioconférences qui relient le bureau de Dubaï à celui de Rueil-Malmaison ou aux hubs américains et asiatiques, dans un modèle où les lieux de délibération sont multiples. Sur l’écran où se croisent ces adresses, la trajectoire de Blum, ses choix de résidence et son package de rémunération restent posés comme autant d’éléments à relier aux conséquences concrètes des décisions prises en France.
