Louis Vuitton, locomotive de LVMH, traverse une crise sans précédent avec un recul de 11% des ventes en Chine et une chute de 26% en Bourse en 2025, malgré une marge opérationnelle de 35% dans la maroquinerie. Bernard Arnault mise sur la créativité de Pharrell Williams et Nicolas Ghesquière pour relancer la marque en 2026, dans un luxe ébranlé par la concurrence et les attentes RSE.
2026, année du rebond ?
LVMH a publié le 26 janvier 2026 un chiffre d’affaires de 80,8 milliards d’euros pour 2025, en baisse de 5% après deux années de ralentissement du secteur du luxe. Le résultat net recule à 10,9 milliards d’euros, soit -13% par rapport à 2024. Louis Vuitton, marque phare du groupe, contribue à 37,8 milliards d’euros dans la mode et maroquinerie, avec une marge opérationnelle de 35%. Bernard Arnault, PDG de LVMH, a déclaré : « LVMH a démontré sa solidité. Louis Vuitton a confirmé sa créativité puissante via Pharrell et Ghesquière ». Un hôtel ouvre fin 2026 sur les Champs-Élysées à Paris, avec 10 suites et un spa de 1500 m² à 5000-10 000 euros la nuit. La ligne « La Beauté », pilotée par Pat McGrath avec 55 références, s’étend hors Chine en 2026. Le programme Arts & Culture s’étend au printemps 2026 avec des expositions à l’École du Louvre.
Les ventes de Louis Vuitton ont chuté de 11% en Chine en 2025, marché clé représentant un tiers du chiffre d’affaires mondial du groupe avant 2024. Un boycott discret des consommateurs chinois a suivi des révélations sur des scandales RSE chez des fournisseurs en 2025. Le flagship « The Louis » à Shanghai intègre depuis novembre 2025 des WeChat mini-programs et des chatbots IA traitant 60% des demandes clients. Hermès gagne 3 points de parts de marché sur le segment cuir exclusif entre 2024 et 2025. Pharrell Williams a lancé une campagne mondiale pour les 130 ans du monogramme LV en décembre 2025, avec un focus sur la réparabilité des produits.
Arnault face à la Bourse
Bernard Arnault a racheté Louis Vuitton en 1987 pour 4 milliards de francs, multipliant son chiffre d’affaires par plus de 100 en formant LVMH en 1989. La cotation LVMH a perdu 26% en Bourse en 2025, passant de 700 à 525 euros par action entre janvier et décembre. Delphine Arnault, fille du PDG, dirige les opérations quotidiennes de Vuitton depuis 2023. Nicolas Ghesquière, directeur artistique femme, a indiqué en 2023 : « C’est un immense honneur de continuer à écrire l’histoire de Louis Vuitton ». Les ventes rebondissent aux États-Unis et au Japon, avec +8% en 2025, grâce à une personnalisation via IA pour la génération Z.
Louis Vuitton a ouvert sa première boutique le 4 rue Neuve-des-Capucines à Paris en 1854, avec des malles plates empilables adaptées aux trains à grande vitesse. Georges Vuitton, fils du fondateur, a lancé le monogramme anti-contrefaçon en 1896, après la toile Damier de 1888. Henry Racamier, gendre de Georges, porte le chiffre d’affaires à 690 millions d’euros en 1980 via 150 boutiques mondiales. Yves Carcelle, de 1990 à 2013, introduit le prêt-à-porter avec Marc Jacobs en 1998 et la joaillerie en 2001. Les exportations commencent à New York en 1885 et Londres en 1888.
La Fondation Louis Vuitton, conçue par Frank Gehry, ouvre à Paris en 2014 après un investissement de 1 milliard d’euros par Bernard Arnault. La marque verse 20 millions d’euros au Musée d’Orsay en 2025 pour la restauration de toiles impressionnistes. Des bourses de formation financent 50 étudiants à l’École du Louvre en 2026. Une collaboration avec Takashi Murakami génère 345 millions de dollars (316 millions d’euros) de ventes en 2003-2004. Le programme Arts & Culture Printemps 2026 associe Pharrell Williams à des performances au Palais de Tokyo.
Scandales et RSE
La toile Damier canvas apparaît en 1888 pour lutter contre les contrefaçons, qui touchent 20% des produits Vuitton dès 1890. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille Vuitton produit des bagages pour l’occupant allemand sous Vichy. En 2025, des enquêtes révèlent du harcèlement chez des fournisseurs italiens et l’usage de fourrures exotiques dans les collections Pharrell. Louis Vuitton obtient un score RSE de 114 sur 100 en 2021, selon l’indice indépendant Good On You. Le programme de réparation du monogramme, lancé en 2026, traite 100 000 pièces par an dans 50 ateliers parisiens.
Louis Vuitton déploie des NFT depuis 2022, avec 10 000 pièces vendues à 2000 euros chacune en moyenne. Le metaverse « LV Land » attire 500 000 visites virtuelles en 2025. L’intelligence artificielle gère 60% des interactions clients via chatbots en Chine depuis 2024. La ligne « La Beauté » sort 25 références maquillage en mars 2026, produites à Grasse. Le flagship de Shanghai, « The Louis », combine réalité augmentée et stocks en temps réel depuis son ouverture en 2025.

