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neuroClues lève 10 M€ et impose son diagnostic neurologique en Europe

La start-up belgo-française, qui analyse les mouvements oculaires pour détecter les maladies neurodégénératives, boucle une série A portant son financement total à 25 millions d’euros. En quelques mois, ses appareils ont été déployés dans sept pays européens.

La levée est conduite par Teampact Ventures, White Fund et le Fonds EIC (Conseil européen de l’innovation). Les investisseurs historiques — InvestBW, Leansquare et Wallonie Entreprendre — participent à nouveau à ce tour de table. Olivier Legrain, président du conseil d’administration et PDG d’IBA, société cotée sur Euronext avec un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros et leader mondial de la protonthérapie, apporte également son soutien. Une tranche de 1,5 million d’euros est ouverte aux investisseurs particuliers via la plateforme européenne de financement participatif LITA, aux mêmes conditions que les institutionnels.

Un dispositif portable qui transforme l’examen clinique en données quantifiées

Fondée en 2020 par Antoine Pouppez, Pierre Daye et Pierre Pouget, directeur de recherche au CNRS et rattaché au Paris Brain Institute, neuroClues commercialise un appareil compact et non invasif qui capte des images infrarouges à haute fréquence des deux yeux pendant que le patient effectue des tâches visuelles simples. Des algorithmes propriétaires en extraient des biomarqueurs oculomoteurs objectifs et reproductibles en quelques minutes. L’appareil a obtenu la certification CE de classe IIa en janvier 2025. Il s’adresse aux neurologues comme substitut quantifié au test clinique traditionnel dit « suivez mon doigt », jugé subjectif et dépourvu de mesure.

La professeure Marie Vidailhet, spécialiste des troubles du mouvement à La Pitié-Salpêtrière et chercheuse à l’Institut du Cerveau, précise que « l’évaluation objective des mouvements oculaires peut être considérée comme un biomarqueur précoce de la maladie de Parkinson avant l’apparition de certains symptômes cliniques, tels que les troubles de la marche et de l’équilibre ou les troubles cognitifs légers ».

Sept pays et plus de trente appareils déployés en quelques mois

Depuis l’obtention du marquage CE, plus de trente appareils ont été installés en France, en Belgique, en Italie, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, dans des hôpitaux universitaires, des cabinets privés de neurologie et des centres de recherche. Le dispositif a été intégré dans les cohortes cliniques de l’Institut du Cerveau de Paris, dont l’étude Iceberg sur la maladie de Parkinson. neuroClues a également été retenu pour une méga-cohorte de 25 000 participants destinée à constituer une base de données normative sur les biomarqueurs oculomoteurs. La société fait par ailleurs partie d’une délégation présidentielle française en Inde, où des partenariats sont en cours avec des institutions telles que l’AIIMS.

Pour structurer sa croissance commerciale, neuroClues a recruté Bart Stulens, ancien vice-président Neuromodulation EMEA chez Medtronic, au poste de directeur commercial. Des accords de distribution sont signés ou en négociation dans la région EMEA.

Une plateforme conçue pour s’enrichir avec les données cliniques

Au stade actuel, le dispositif aide les cliniciens à objectiver les anomalies neurologiques sans prétendre identifier une pathologie précise. La feuille de route de la société vise, à mesure que la base de données s’élargit, à permettre la distinction entre maladie de Parkinson et parkinsonismes atypiques, la détection précoce de la maladie d’Alzheimer et le repérage des troubles liés aux commotions cérébrales.

Le contexte épidémiologique sous-tend la demande : le nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson dans le monde est attendu à 13 millions d’ici 2040, soit le double du niveau actuel. Selon les données citées par l’entreprise, un patient sur cinq reçoit encore un diagnostic erroné et, au moment du diagnostic correct, 65 % des neurones affectés sont déjà perdus. Les fonds levés doivent financer l’accélération du déploiement clinique en Europe et le renforcement des équipes commerciales, notamment en France.

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