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Chauffage au gaz : 585 euros de plus sur la facture annuelle depuis janvier

Les hausses successives du prix du gaz, peu visibles l'été, vont peser de tout leur poids sur les factures des foyers chauffés au gaz dès la reprise du chauffage.

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Depuis le printemps, les foyers chauffés au gaz subissent hausse sur hausse sans presque en voir la trace sur leurs factures. En été, leurs chaudières tournaient au ralenti. Avec la reprise du chauffage, des millions de contrats dont le prix suit ces hausses vont faire payer d’un coup l’addition de l’année.

Du détroit d’Ormuz au compteur de gaz

Le kilowattheure (kWh) de gaz utilisé pour le chauffage coûtera 0,1456 euro TTC au 1er octobre, contre 0,1347 euro en septembre. Ce tarif est le prix repère de vente du gaz (PRVG). C’est un prix de référence publié par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui a annoncé cette nouvelle valeur le 10 septembre. Il augmente de 6,3 % en moyenne. Pour la cuisson et l’eau chaude, la hausse est de 6,4 %, et le kWh atteint 0,1783 euro. Pour le chauffage, elle est de 8 %. Le kWh de chauffage reste donc moins cher que celui de la cuisson, mais il augmente plus vite.

Jamais ce prix repère n’avait atteint de tels niveaux, pas même au plus fort de la crise énergétique de 2021.

Pour un ménage chauffé au gaz, la hausse d’octobre s’ajoute à plusieurs autres depuis le début de l’année. Entre janvier et octobre, son kWh a augmenté de 42,9 %. Celui de la cuisson et de l’eau chaude a augmenté de 34,6 %. Comparé à janvier 2022, le kWh de chauffage coûte 66,5 % plus cher.

Le conflit entre les États-Unis et l’Iran perturbe les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) qui passent par le détroit d’Ormuz. Fin août, les réserves de gaz européennes n’étaient remplies qu’à 64,7 %, un niveau historiquement bas. Les pays européens doivent donc acheter davantage avant l’hiver, et ils se font concurrence pour obtenir ce gaz.

Des hausses restées invisibles jusqu’aux premiers froids

En France, 10,3 millions de ménages ont un contrat de gaz. Pour 6 millions d’entre eux, le prix du contrat suit le prix repère. Ils paieront donc toute la hausse d’octobre.

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Un foyer qui utilise le gaz seulement pour cuisiner et chauffer son eau consomme environ 3 000 kWh par an. Sa facture annuelle passe de 545 euros en janvier à 687 euros en octobre. Elle augmente de 142 euros.

Un logement chauffé au gaz consomme en général 13 000 kWh par an, soit plus de quatre fois plus. Sa facture annuelle passe de 1 669 euros à 2 254 euros. Ce foyer paiera 585 euros de plus en consommant exactement la même quantité de gaz.

Jusqu’ici, ces ménages ont pourtant peu senti les hausses appliquées depuis mai. En moyenne, 66 % de l’énergie que consomme un foyer français sur un an sert au chauffage, et ce chauffage fonctionne surtout en hiver. Les hausses de l’été ont donc surtout porté sur de faibles quantités de gaz. À partir d’octobre, le prix le plus élevé de l’année va s’appliquer aux plus grosses consommations. Enfin, ces 2 254 euros ne comptent pas les hausses qui pourraient encore arriver d’ici à la fin de l’année.

Jusqu’à 340 euros d’économie avec un prix fixe

Avec une offre à prix fixe, le prix du kWh ne change pas pendant un à trois ans, selon le contrat. Les clients dont la facture suit le prix repère, ou les prix du marché, sont ainsi protégés contre de nouvelles hausses liées aux tensions internationales. Il vaut mieux changer de contrat avant la saison de chauffe, quand la consommation augmente fortement.

Fin septembre, Hello Watt a comparé les tarifs des fournisseurs pour une maison de 100 m² chauffée au gaz. Au prix repère d’octobre, la facture annuelle de cette maison atteint 2 254 euros, abonnement de 361 euros compris. L’offre Avantage Gaz 2 ans d’EDF la ramène à 1 913 euros, soit 340 euros d’économie. Chez Engie, l’offre Gaz Référence, dont le prix est bloqué trois ans, coûte 1 944 euros, soit 310 euros de moins.

L’écart se réduit ensuite. Le Gaz fixe 2 ans d’Octopus Energy revient à 2 053 euros par an. Chez Ekwateur, le kWh est le moins cher du comparatif, à 11,82 centimes. Mais l’abonnement coûte 517 euros par an, et la facture de l’offre fixe sur un an atteint donc 2 054 euros. L’offre Fixe 2 ans de TotalEnergies coûte 2 072 euros, soit 182 euros de moins que le prix repère.

Plenifix 1 an, l’offre de Plenitude, coûte 2 139 euros par an, soit 115 euros de moins que le prix repère d’octobre. Son kWh, à 13,47 centimes, est au même prix que le prix repère de septembre. Mais son abonnement coûte 387 euros au lieu de 361. Comparée au tarif de septembre, cette offre revient donc 27 euros plus cher par an.

Amiens, 130 m² et une chaudière à remplacer

D’après l’Agence de la transition écologique (ADEME), remplacer une chaudière à gaz par une pompe à chaleur air-eau divise par trois la consommation d’énergie d’un logement. La facture de chauffage est divisée par deux.

Les aides publiques pour installer une pompe à chaleur ont été fortement augmentées pour tous les niveaux de revenus. Ces équipements sont au cœur du plan d’électrification. Un ménage très modeste peut recevoir jusqu’à 10 800 euros.

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Prenons un ménage aux revenus intermédiaires qui vit à Amiens, dans une maison de 130 m² chauffée au gaz. Il consomme 13 000 kWh par an. La pompe à chaleur coûte 14 325 euros. Après déduction des aides, il lui reste 7 125 euros à payer. Il faut ensuite un certain nombre d’années pour que les économies sur la facture remboursent cette dépense. En mai 2025, il en fallait 10,5. En octobre 2026, 5,2 ans suffisent, parce que le gaz est plus cher et les aides plus élevées.

Si ce même ménage a des revenus modestes, il n’a que 5 325 euros à payer lui-même. Le délai pour rembourser la dépense passe de 7,5 ans en mai 2025 à 3,9 ans en octobre 2026.

La pompe à chaleur améliore aussi de deux classes le diagnostic de performance énergétique (DPE), c’est-à-dire l’étiquette qui mesure la consommation énergétique d’un logement. La hausse de valeur de la maison qui en résulte dépasse la somme payée par le ménage après les aides.



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