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Caudalie a dépassé 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, selon plusieurs médias, tandis que la préfecture du Loiret a instruit en 2025 un projet d’extension industrielle à Gidy. La société française qui exploite historiquement la marque est présidée par Caudalie International. Mathilde et Bertrand Thomas, les cofondateurs, demeurent les personnes physiques qui exercent le contrôle public le plus clairement identifié au sein du groupe.
Caudalie vend des soins issus d’actifs de la vigne depuis trois décennies. Mathilde Thomas, née Cathiard, et Bertrand Thomas ont créé la marque en 1995, après avoir rencontré le professeur Joseph Vercauteren au château Smith Haut Lafitte, domaine viticole de la famille Cathiard près de Bordeaux.
La marque a ensuite étendu ses ventes à l’étranger et engagé un projet de production à Gidy. Cette croissance soulève une question devenue centrale : qui exerce aujourd’hui le pouvoir sur Caudalie ?
Les registres, les données juridiques et les déclarations publiques identifient Mathilde et Bertrand Thomas comme les personnes qui contrôlent les structures les plus visibles du groupe. Ces documents ne donnent pas accès à la répartition exhaustive du capital de toutes ses sociétés.
La holding britannique des fondateurs
Companies House, le registre officiel des sociétés britanniques, inscrit Mathilde Thomas et Bertrand Thomas comme les deux seules « personnes exerçant un contrôle significatif », une qualification réservée aux personnes disposant notamment de droits de vote ou d’une influence déterminante sur une entreprise, de Caudalie Group Limited. Cette holding a été enregistrée au Royaume-Uni le 1er septembre 2017 sous le numéro 10941814.
Le registre attribue à chacun des deux fondateurs plus de 25% et au plus 50% des droits de vote. Il ne publie pas un pourcentage plus précis. Cette fourchette établit que chacun dispose d’un poids suffisant pour être déclaré comme personne exerçant un contrôle significatif.
Companies House nomme aussi Mathilde Thomas et Bertrand Thomas comme les deux seuls directeurs actifs de Caudalie Group Limited. La même société les place donc à la direction formelle de la holding et parmi les détenteurs de droits de vote substantiels.
Ce rapprochement éclaire le rôle actuel des fondateurs. Mathilde et Bertrand Thomas ne sont pas seulement associés à l’histoire de la marque : ils dirigent la structure britannique et y exercent, selon le classement officiel, un contrôle significatif.
Mathilde Thomas a maintenu cette présentation familiale en mars 2025. Dans un entretien, la cofondatrice décrivait Caudalie comme une entreprise « 100% familiale ». Cette qualification relève de sa déclaration ; les inscriptions de Companies House identifient, elles, la place des deux époux dans la holding britannique.
À lireEfferalgan est-il encore une marque française ?Companies House renseigne des tranches de droits de vote et le nom des personnes exerçant un contrôle significatif. Le registre ne détaille ni la totalité des droits économiques attachés aux titres, ni les accords éventuels entre associés, ni l’ensemble des participations détenues par l’intermédiaire d’autres sociétés.
Cette limite interdit d’écrire que Mathilde et Bertrand Thomas détiennent exactement 50% chacun de Caudalie Group Limited. Elle empêche aussi de déduire, à partir de la seule holding britannique, l’actionnariat précis de chaque société qui exploite ou distribue les produits Caudalie. Les documents publics établissent un contrôle familial partagé ; ils ne publient pas la table complète du capital.
La marque se présentait déjà, en 2013, comme une société familiale attachée à son indépendance. En 2025, à l’occasion de ses trente ans, Mathilde Thomas continuait de défendre cette identité.
Caudalie International, au centre de la SAS
La société française historique éclaire la limite de cette transparence. Caudalie SAS, une société par actions simplifiée, ou SAS, créée le 3 octobre 1994, est immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro SIREN 398 360 123. Elle conçoit et commercialise des produits de beauté.
Depuis septembre 2025, Caudalie SAS a établi son siège au 13, rue Pavée, dans le 4ᵉ arrondissement de Paris. Caudalie International préside cette société, selon les informations juridiques consultées.
Cette présidence dessine une chaîne de sociétés. Caudalie International représente légalement Caudalie SAS, tandis que Mathilde et Bertrand Thomas apparaissent, au Royaume-Uni, comme les deux dirigeants et contrôlants significatifs de Caudalie Group Limited.
La présidence d’une SAS désigne la personne morale chargée de représenter l’entreprise. Elle ne livre ni la liste des actionnaires ni leurs pourcentages de détention. Les registres britanniques suivent une logique différente : ils identifient les personnes qui détiennent des droits de vote significatifs ou exercent une influence déterminante, sans détailler la ventilation intégrale du capital.
Les documents ouverts relient ainsi Caudalie SAS à Caudalie International et identifient les Thomas dans la holding britannique. La chaîne complète entre les sociétés, leurs titres et leurs bénéficiaires économiques reste en partie inaccessible au public.
L’Institut national de la propriété industrielle, l’INPI, restreint depuis le 31 juillet 2024 l’accès aux données françaises sur les bénéficiaires effectifs, c’est-à-dire les personnes physiques qui détiennent ou contrôlent en dernier ressort une société. L’organisme réserve désormais la consultation à certaines autorités, à des professionnels soumis à des obligations de lutte contre le blanchiment ou à des demandeurs qui justifient d’un intérêt légitime.
Cette restriction explique l’écart entre ce que les registres britanniques montrent et ce que les données françaises ouvertes ne détaillent plus. Les sources consultées permettent d’identifier les personnes qui exercent le contrôle le plus visible dans le groupe ; elles ne livrent pas une table de capitalisation complète de Caudalie SAS.
LVMH et L’Oréal absents des registres
Cette opacité partielle alimente les interrogations sur d’éventuels actionnaires extérieurs. LVMH et L’Oréal reviennent fréquemment dans les discussions sur Caudalie, une marque présente dans le segment haut de gamme de la beauté et référencée, selon les marchés, dans des réseaux sélectifs.
Companies House identifie Mathilde et Bertrand Thomas comme personnes exerçant un contrôle significatif sur Caudalie Group Limited. LVMH et L’Oréal n’y figurent pas.
Les données juridiques françaises accessibles et les informations publiques disponibles ne rapportent pas d’acquisition de Caudalie par l’un de ces deux groupes. La direction de Caudalie a, de son côté, régulièrement défendu l’indépendance de l’entreprise.
Sephora, filiale de LVMH, vend les produits de nombreuses marques. Le référencement de Caudalie dans une enseigne de distribution situe ses produits dans un circuit commercial ; les documents de contrôle consultés désignent les Thomas au sein de Caudalie Group Limited.
Companies House ne recense pas toutes les participations minoritaires qui pourraient exister dans l’ensemble du groupe. Le registre permet d’établir qu’aucun grand groupe de luxe ou de cosmétique n’apparaît comme personne exerçant un contrôle significatif dans la holding étudiée.
300 millions d’euros et le site de Gidy
L’absence d’un contrôlant industriel identifié accompagne la montée en puissance de l’entreprise. Plusieurs médias ont évalué le chiffre d’affaires de Caudalie à plus de 300 millions d’euros pour l’année 2024.
Caudalie n’a pas publié de comptes consolidés dans les documents accessibles au public consultés pour cette enquête. Le seuil de 300 millions d’euros reste donc une estimation rapportée par la presse économique, plutôt qu’un montant comptable consolidé certifié par l’entreprise.
Ce niveau de ventes situe l’enjeu de contrôle. Les fondateurs dirigent une marque devenue internationale, dont les revenus dépassent, selon plusieurs médias, 300 millions d’euros. Ils conservent, dans les structures publiques identifiées, un contrôle familial sur le groupe.
À lireHerta n’est plus à Nestlé : qui décide désormais ?Cette croissance se traduit aussi à Gidy, près d’Orléans. La préfecture du Loiret a organisé, du 6 janvier au 2 février 2025, une consultation publique sur l’extension des capacités d’entreposage du site et sur la création d’une unité de production et de conditionnement de produits cosmétiques.
L’administration documente ainsi un projet industriel précis : entreposage, production et conditionnement. Elle ne publie pas le montant de l’investissement ni le détail de son financement. Ces éléments ne permettent pas d’identifier la part de fonds propres, de crédit ou d’autres concours financiers mobilisés par Caudalie.
Gidy relie la croissance commerciale aux choix industriels du groupe. La marque vend ses produits dans de nombreux pays ; l’entreprise prépare aussi des capacités supplémentaires pour les fabriquer et les conditionner en France.
Un contrôle établi, un capital détaillé absent
Le projet de Gidy rappelle que les structures juridiques organisent une entreprise en expansion. Caudalie SAS exerce l’activité française historique de la marque. Caudalie International préside cette société. Mathilde et Bertrand Thomas dirigent Caudalie Group Limited et y exercent un contrôle significatif.
Ces éléments répondent à la question de la propriété. Mathilde et Bertrand Thomas gardent le contrôle familial de Caudalie dans les structures publiquement identifiées. Ils conservent ce rôle trente ans après la création de la marque, alors que son activité dépasse, selon la presse, 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.
Les sources consultées ne publient pas le pourcentage exact détenu par chacun des deux fondateurs. Elles ne donnent pas non plus la liste intégrale des actionnaires de toutes les filiales ni une carte exhaustive des droits économiques qui relient les holdings aux sociétés opérationnelles.
L’accès restreint au registre français des bénéficiaires effectifs explique une partie de cette zone grise. Caudalie n’a pas rendu publique, dans les documents examinés, une table de capitalisation consolidée. L’enquête distingue donc le contrôle, que les documents britanniques établissent, de la propriété économique détaillée, que les données accessibles ne chiffrent pas.
A Londres, Companies House inscrit Mathilde et Bertrand Thomas comme les deux seuls contrôlants significatifs de Caudalie Group Limited ; à Paris, Caudalie International préside Caudalie SAS ; à Gidy, Caudalie prépare une unité de production et de conditionnement.
