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Les antennes-relais, nouvel eldorado des infrastructures

Qui possède les antennes-relais en France ? Des opérateurs aux towercos, le partage entre terrain, pylône, équipements radio et fréquences se complexifie.

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Le nom affiché sur un téléphone ne dit presque rien de l’entreprise qui détient le toit, le mât ou le terrain d’où part le signal. Dans les campagnes comme sur les immeubles des villes, les opérateurs mobiles louent une part croissante des emplacements où ils installent leurs réseaux. Les antennes visibles cachent souvent plusieurs propriétaires.

Au 1er septembre 2026, l’Agence nationale des fréquences, l’ANFR, recensait en France plus de 56 100 sites 5G autorisés et 72 557 sites 4G autorisés. Ces deux chiffres ne correspondent pas au nombre de pylônes : un même emplacement peut accueillir à la fois de la 4G, de la 5G et les équipements de plusieurs opérateurs.

Une antenne-relais ne forme donc pas un bloc détenu par une seule entreprise. Le terrain peut appartenir à une commune ou à un particulier ; le pylône ou le toit peut être exploité par une société spécialisée ; les appareils qui transmettent le signal relèvent généralement d’Orange, de SFR, de Bouygues Telecom ou de Free Mobile. Les bases publiques de l’ANFR indiquent où se trouvent les stations autorisées à émettre et quels opérateurs y sont déclarés. Elles n’indiquent pas systématiquement qui possède le terrain, le toit, le pylône ou les équipements techniques installés sur place.

Quatre éléments, quatre propriétaires

Le propriétaire foncier détient le terrain, le toit-terrasse ou le château d’eau où s’installe le site. Une commune, une copropriété, un bailleur, une entreprise ou un particulier peut louer cet emplacement contre une redevance. Le support porte les antennes et les équipements. Il peut s’agir d’un pylône, d’un mât, d’un toit ou d’un local technique.

Des sociétés appelées towercos construisent, achètent ou gèrent ces infrastructures ; Cellnex, Totem, TDF et Phoenix Tower International figurent parmi les entreprises présentes en France. Les opérateurs mobiles installent sur ce support leurs antennes et leurs appareils radio. Ces équipements permettent d’envoyer et de recevoir les appels, les messages et les données internet. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile les exploitent pour leurs clients.

Les fréquences constituent un quatrième élément. L’Arcep attribue aux opérateurs le droit d’utiliser certaines portions du spectre radioélectrique. En novembre 2020, elle a attribué aux quatre opérateurs des fréquences dans la bande 3,4-3,8 GHz, la principale bande utilisée pour la 5G en métropole. L’ANFR autorise l’implantation des sites d’émission dépassant 5 watts, contrôle l’usage des fréquences et vérifie le respect des limites d’exposition du public.

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Un même pylône peut donc porter les installations de plusieurs opérateurs, sans que leurs abonnés utilisent le même réseau. Chaque opérateur emploie ses propres fréquences et ses équipements, sauf lorsqu’un accord de partage prévoit une mutualisation sur un territoire ou pour une partie précise du réseau.

Les pylônes changent de mains

Le 25 octobre 2021, l’Autorité de la concurrence a autorisé Cellnex France Groupe à racheter Hivory, une société issue du groupe Altice France. Hivory gérait alors environ 10 500 sites en France. Cellnex avait évalué l’opération à environ 5,2 milliards d’euros. Le groupe avait également annoncé jusqu’à 900 millions d’euros d’investissements sur huit ans, notamment pour financer jusqu’à 2 500 nouveaux sites.

L’Autorité de la concurrence a imposé la vente d’une partie des infrastructures afin de maintenir plusieurs offreurs d’emplacements pour les opérateurs mobiles, surtout dans les grandes villes. Ces zones comptent beaucoup de toits-terrasses recherchés pour installer des équipements radio.

Le 7 octobre 2022, Phoenix Tower International a reçu l’autorisation de reprendre 3 226 infrastructures cédées par Cellnex et Hivory. Le portefeuille regroupait 2 904 sites sur toit-terrasse et 322 autres installations. Le 17 avril 2025, le Conseil d’État a rejeté les recours déposés par Valocîme contre l’agrément de Phoenix Tower International en tant que repreneur de ces actifs.

Des propriétaires moins visibles

Totem, filiale d’Orange créée en novembre 2021, annonçait 19 700 sites en France dans les informations publiées en 2026. La société déclarait plus de 100 clients et 13 500 bailleurs, c’est-à-dire des propriétaires ou gestionnaires d’emplacements. Totem annonce gérer plus de 27 300 infrastructures en France et en Espagne. Ce chiffre rassemble des pylônes, des toits-terrasses et d’autres installations ; il ne désigne pas seulement des tours au sol.

TDF a publié 21 925 points de présence au 31 décembre 2025 dans ses résultats annuels parus en mars 2026. Parmi eux, 13 833 accueillaient les équipements des quatre opérateurs mobiles nationaux. TDF a mis en service plus de 160 tours en 2025. Le groupe comptait alors 9 200 sites d’hébergement mobile, avec des tours, des toits, des gares et d’autres emplacements.

Cellnex utilise l’expression « point de présence », ou PoP, pour compter les équipements accueillis sur ses sites. Au premier semestre 2026, le groupe a annoncé une progression organique nette de 4,9% de ses PoP sur un an. Les données de Cellnex, Totem et TDF ne permettent pas de classer directement les entreprises selon le seul nombre de pylônes. Chacune compte différemment ses tours, ses toits, ses locaux techniques et les équipements qu’elle héberge.

Le loyer du signal

Un opérateur qui installe une antenne sur un pylône ou un toit loue généralement une place technique. Le contrat organise notamment les accès au site, la sécurité, le raccordement électrique, la capacité du support et l’installation des équipements.

Un mât ne peut pas accueillir un nombre illimité d’antennes. Son dimensionnement dépend du poids des appareils, de leur prise au vent, de l’espace disponible, de l’alimentation électrique et de la capacité des liaisons qui relient le site au reste du réseau.

Au premier trimestre 2026, l’Arcep recensait 35,4 millions de cartes SIM actives sur les réseaux 5G. À la fin de 2025, près de 33 millions de cartes SIM avaient utilisé la 5G, soit 8,3 millions de plus qu’un an auparavant. Ce nombre croissant d’utilisateurs ne conduit pas toujours à construire un pylône supplémentaire. Les opérateurs peuvent installer de nouveaux équipements sur un site existant, ajouter des fréquences, renforcer son alimentation électrique ou louer une nouvelle place sur un support déjà construit.

TDF a déclaré avoir mis en service plus de 160 tours en 2025. Ce chiffre ne couvre que les infrastructures du groupe, pas l’ensemble des nouveaux sites mobiles installés en France cette année-là.

Les élus et les terrains

Le 15 novembre 2021, la loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique a ajouté l’article L. 34-9-1-1 au code des postes et des communications électroniques. Cet article encadre les personnes qui achètent ou louent un terrain afin d’y établir un pylône, un poteau ou une autre construction destinée à porter des antennes mobiles.

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Le texte leur impose d’informer par écrit le maire de la commune, ou le président de l’intercommunalité concernée. Elles doivent joindre un document indiquant qu’un opérateur mobile leur a confié un mandat pour construire l’infrastructure appelée à accueillir ses équipements.

Cette procédure ne donne pas au maire la propriété des équipements radio. Elle informe la collectivité lorsqu’un terrain est acquis ou loué en vue d’y installer une infrastructure mobile. Une commune qui met un terrain ou un toit à disposition reste propriétaire de ce bien. Une towerco peut posséder ou gérer le pylône installé sur cet emplacement, tandis qu’un opérateur y exploite les équipements qui fournissent le réseau mobile.

Ce que cache l’écran

Le téléphone affiche le nom de l’opérateur auprès duquel l’abonné a souscrit son forfait. Il ne montre ni le propriétaire du toit, ni l’entreprise qui entretient le pylône, ni le bail qui organise l’occupation du terrain.

Cellnex, Totem, TDF et Phoenix Tower International détiennent ou administrent des infrastructures qui accueillent des réseaux mobiles en France. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile disposent d’autorisations de fréquences et fournissent les services mobiles à leurs abonnés.

Derrière un site mobile, le terrain, le support, les équipements radio et les fréquences peuvent relever de propriétaires ou de titulaires différents.



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