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Adoubé pour mener la transformation d’un groupe hôtelier historique, Sébastien Bazin aborde la dernière partie de son mandat avec un soutien moins unanime. Les comptes d’Accor n’ont jamais été aussi solides, mais les bulletins de vote sur sa rémunération changent de ton. Entre un rapport de vendeur à découvert, l’arrivée d’un nouveau premier actionnaire et des ratios de salaires en hausse, les lignes bougent autour de sa position. Le calendrier de sa succession s’affiche désormais en toile de fond, à côté de la courbe du cours.
Un vote qui change de ton
Le projecteur accroche un écran blanc au fond d’un amphithéâtre parisien. Au siège d’Accor, à Issy-les-Moulineaux, quelques centaines d’actionnaires suivent la présentation des résultats 2025 du groupe hôtelier. Sur les slides se succèdent les chiffres d’un exercice marqué par un excédent brut d’exploitation courant de l’ordre de 1,2 milliard d’euros, contre un peu plus de 1,1 milliard un an plus tôt, et par la poursuite de la reprise post-Covid. Vient alors le moment du vote consultatif sur la rémunération du président-directeur général, Sébastien Bazin, au titre de ce même exercice, un vote obligatoire dans les sociétés cotées depuis la loi Sapin 2.
Le président de séance affiche les résultats sur l’écran. La résolution recueille environ 60% de votes favorables, les autres bulletins se répartissant entre votes contre et abstentions, alors que la moyenne d’approbation des rémunérations de dirigeants du CAC 40 dépasse souvent 80%. En 2025, dans cette même salle, le mandat de Sébastien Bazin avait été renouvelé jusqu’en 2028 avec plus de quatre voix sur cinq, à l’issue d’une assemblée où sa rémunération avait été validée à près de 90%. Entre ces deux rendez-vous, les comptes d’Accor ont continué de progresser et le dividende a augmenté de 9 centimes par action, passant de 1,26 euro à 1,35 euro. Le contraste entre reconduction du mandat et défiance sur le bulletin de paie se lit désormais dans les pourcentages.
À la tribune, Sébastien Bazin rappelle que son salaire fixe de 950 000 euros n’a pas évolué depuis 2016 et que sa rémunération variable dépend d’un excédent brut d’exploitation, d’un flux de trésorerie disponible et d’objectifs extra-financiers. Il souligne que l’EBE courant a été fortement relevé depuis 2021, où il ne dépassait pas quelques dizaines de millions d’euros après la crise sanitaire, jusqu’au niveau actuel supérieur au milliard. Il ne s’attarde pas sur les 5,5 millions d’euros de rémunération totale attribuée au titre de 2024, ni sur les montants comparables de 2025 tels qu’ils ressortent des documents officiels. Dans les rangs, des représentants de fonds de pension européens comparent ces chiffres aux ratios publiés dans le document d’enregistrement universel, qui indiquent désormais un écart de plus de 60 pour un entre la rémunération du PDG et celle du salarié médian. Ce même document rappelle que le mandat de Sébastien Bazin doit s’achever au plus tard en 2028.
Le communiqué que le groupe diffuse à l’issue de l’assemblée insiste sur l’approbation des comptes, la progression de l’EBE et la mise en œuvre d’un programme de rachat d’actions. La résolution relative à la rémunération de Sébastien Bazin n’y apparaît qu’au milieu de la liste des votes, aux côtés de celles sur la politique de dividende et les autorisations financières. Dans les notes internes des agences de conseil en vote, ce résultat est classé parmi les cas de vigilance, l’un des premiers de ce type pour Accor. Quelques semaines auparavant, un rapport d’un fonds vendeur à découvert américain avait provoqué une baisse proche de 9% du cours en une séance, en citant le nom du dirigeant. L’assemblée de 2026 vient ajouter un scrutin chiffré à cette série d’alertes.
Des résultats au plus haut
Les documents mis à disposition des actionnaires détaillent un bilan 2025 orienté à la hausse. Accor a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 5,64 milliards d’euros, en croissance de 4,5% à taux de change constants par rapport à 2024, alors que les revenus des hôtels européens progressent souvent de 3 à 4% sur la même période. Le groupe a dégagé un excédent brut d’exploitation courant de l’ordre de 1,2 milliard d’euros, en hausse d’un peu plus de 10% par rapport à l’année précédente. Le bénéfice par action ajusté, qui mesure le résultat par titre en neutralisant certains éléments exceptionnels, a également progressé, pour s’établir à un niveau encore inférieur à celui de certains concurrents américains mais supérieur à celui de 2022.
La politique de distribution aux actionnaires s’est adaptée à cette trajectoire. Au titre de 2025, Accor a décidé de verser un dividende de 1,35 euro par action, après 1,26 euro au titre de 2024 et 1 euro au titre de 2023. En parallèle, le groupe a lancé des programmes de rachat de titres pour plusieurs centaines de millions d’euros, dont un bloc de 7 millions d’actions racheté en 2024 à Jinjiang International, représentant 2,77% du capital, au prix de 39,22 euros par action. Entre 2021 et 2025, la combinaison dividende plus rachats a ainsi apporté un rendement cumulé significatif aux actionnaires, supérieur à celui de certains groupes de services comparables. Ce flux de valeur n’empêche pas les investisseurs de s’interroger sur la place de la rémunération du PDG dans l’ensemble.
À lireLease a Bike mise sur le Tour de France pour développer le vélo d’entrepriseDans les analyses publiées après les résultats 2025, plusieurs bureaux d’études soulignent une décote persistante du titre. Les notes évoquent un multiple de résultat inférieur à ceux de Hilton et de Marriott, pourtant basés sur des modèles d’exploitation devenus proches. Les hypothèses avancées mentionnent un profil géographique différent, avec une exposition plus forte à l’Europe et à l’Afrique, ainsi qu’un historique complexe d’opérations immobilières. Elles intègrent aussi des considérations de gouvernance, en particulier la concentration des fonctions de président et de directeur général dans les mains d’une même personne depuis 2013. Le vote de 2026 sur la rémunération apparaît alors comme un indicateur de plus dans la manière dont le marché apprécie ce pouvoir.
Un rapport qui pèse sur le cours
Le 19 mars 2026, un document de plusieurs dizaines de pages consacré à Accor apparaît sur le site de Grizzly Research, un fonds américain connu pour ses prises de positions vendeuses, c’est-à-dire des paris à la baisse sur un titre. Le rapport décrit des tests de réservations menés dans un panel d’hôtels sous enseigne Accor, dans différents pays, et affirme qu’une large majorité de ces établissements auraient accepté des demandes présentant des signaux typiques de traite d’êtres humains, sans poser de questions complémentaires. Il cite également un courriel issu des archives de Jeffrey Epstein, dans lequel le nom de Sébastien Bazin est associé à un déjeuner professionnel dans les années 2000, à une époque où le dirigeant travaillait pour le fonds Colony Capital. Ce passage est mis en regard de l’engagement public d’Accor contre l’exploitation sexuelle des enfants, formalisé par des partenariats et des chartes depuis le début des années 2000.
À la Bourse de Paris, la réaction est immédiate. Le jour de la publication, le titre Accor perd près de 9% en séance, une chute qui ramène le cours à un niveau qu’il n’avait plus connu depuis plusieurs mois, alors que le CAC 40 recule d’environ 1% le même jour. Le groupe publie en fin d’après-midi un communiqué de démenti, rappelant que le courriel mentionne une seule rencontre professionnelle entre Sébastien Bazin et Jeffrey Epstein, il y a plus de vingt ans, et que cette rencontre n’a donné lieu à aucune relation d’affaires. Le texte annonce aussi le lancement d’un audit interne, confié à des cabinets extérieurs spécialisés dans l’évaluation des pratiques de conformité. Dans les jours suivants, l’action reprend une partie du terrain perdu, sans effacer totalement l’impact de la séance du 19 mars.
Fin mai, dans la documentation mise à disposition à l’Assemblée générale, Accor revient sur ces audits. Les documents indiquent que les scénarios de réservations testés par le fonds vendeur à découvert ne correspondent pas aux protocoles utilisés par les ONG spécialisées, et que plusieurs réponses des hôtels ont été interprétées de manière discutable. Le groupe détaille les formations dispensées dans ses établissements et rappelle la signature, dès 2001, d’un code de conduite pour la protection des enfants dans le tourisme. Ces éléments n’aboutissent pas à l’ouverture d’une enquête judiciaire visant Accor, ni à des sanctions réglementaires. Ils n’effacent pas, pour autant, l’épisode de mars dans la mémoire des actionnaires qui se prononcent, deux mois plus tard, sur la rémunération du dirigeant.
Un nouvel actionnaire de poids
En parallèle, la structure du capital d’Accor a évolué. À l’été 2025, Parvus Asset Management, un fonds basé à Londres, déclare à l’Autorité des marchés financiers détenir plus de 10% du capital, alors qu’il ne figurait pas auparavant parmi les principaux actionnaires du groupe. Au cours des mois suivants, de nouvelles déclarations au régulateur signalent des franchissements successifs jusqu’à un niveau d’environ 15%, plaçant désormais Parvus en tête des actionnaires identifiés, devant le fonds souverain qatari QIA et le groupe saoudien Kingdom Holding, chacun autour de quelques pourcents du capital. Les documents d’enregistrement universels d’Accor mentionnent ces évolutions, sans que le fonds ne détaille publiquement ses attentes vis-à-vis de la direction. Les déclarations officielles se bornent à préciser qu’il n’a pas l’intention de prendre le contrôle de la société.
Parvus est connu pour des participations concentrées dans quelques groupes européens, notamment dans les transports et les services, où il détient des positions significatives. Il ne revendique pas une stratégie activiste au sens strict, contrairement à certains fonds qui réclament publiquement des changements de gouvernance. Son poids, cependant, lui donne la capacité de faire basculer des votes en assemblée générale, y compris sur des résolutions concernant la rémunération ou la composition du conseil. Lors de l’AG de 2026, aucune prise de parole du fonds n’est rapportée, ni en séance, ni dans les médias. Cette présence silencieuse nourrit les questions sur la façon dont un actionnaire proche de 15% considère le maintien de Sébastien Bazin jusqu’en 2028.
Dans le même temps, QIA a réduit sa participation, après avoir été l’un des principaux actionnaires au cours de la décennie précédente. Kingdom Holding, présent depuis le début des années 2010, a stabilisé la sienne autour de quelques pourcents du capital. La part du flottant, c’est-à-dire des titres détenus par une multitude d’investisseurs sans bloc de contrôle, s’est mécaniquement accrue à mesure que ces blocs évoluaient. Dans cette configuration, la voix d’un actionnaire à deux chiffres de capital pèse davantage qu’au temps où plusieurs fonds détenaient chacun autour de 10%. Les discussions sur la succession du PDG se tiennent désormais avec ce nouvel équilibre de forces en arrière-plan.
Une rémunération détaillée dans les chiffres
Les chiffres de rémunération de Sébastien Bazin figurent en toutes lettres dans le document d’enregistrement universel. Pour l’exercice 2024, la rémunération fixe est de 950 000 euros, versée au cours de l’année, un niveau invariable depuis 2016. La rémunération variable annuelle attribuée au titre de cet exercice s’élève à un peu plus de 1,8 million d’euros, après un niveau proche pour 2023, sur la base d’un montant de référence de 1,4 million d’euros. Dans les deux cas, le coût des actions de performance attribuées au PDG est comptabilisé à environ 2,66 millions d’euros, selon les normes comptables applicables aux plans de long terme. Les avantages en nature, incluant voiture de fonction, assurance chômage spécifique et prestations de conseil patrimonial, s’établissent à un peu plus de 80 000 euros.
Au total, la rémunération attribuée au titre de 2024 atteint 5,5 millions d’euros, très proche des 5,54 millions enregistrés pour 2023. Selon les données disponibles, ce niveau se situe dans la partie basse de la fourchette des rémunérations des PDG du CAC 40, alors que certains dirigeants de groupes industriels ou de luxe dépassent les 10 millions d’euros. Les tableaux de ratios de rémunération publiés par Accor montrent toutefois un écart supérieur à 60 pour un entre la rémunération du PDG et celle du salarié médian, un niveau plus élevé que dans plusieurs sociétés de services françaises. Pour la rémunération moyenne, le ratio est plus bas, ce qui indique que l’essentiel de la progression se joue entre la rémunération du haut de la distribution et celle du milieu. Ces chiffres se retrouvent dans les argumentaires des investisseurs qui ont voté contre la rémunération 2025.
Le document d’Accor détaille aussi les régimes de retraite dont bénéficie Sébastien Bazin. Il mentionne un plan d’épargne retraite obligatoire à cotisations définies, financé par un versement annuel équivalent à un pourcentage de la rémunération brute, dans la limite de plusieurs plafonds de la Sécurité sociale, ainsi qu’un ancien régime à prestations définies, gelé depuis 2019, qui donne droit à une rente viagère d’un montant à six chiffres par an. Les droits acquis au titre de la seule année 2024 dans le cadre d’un autre dispositif, conditionnés à la réalisation d’objectifs d’EBE et de flux de trésorerie, sont également chiffrés. À côté de ces mécanismes, le texte formalise une indemnité de départ potentielle équivalente à deux fois la somme de la rémunération fixe et variable, activable uniquement en cas de révocation non fautive et sous conditions de performance. Ces éléments sont connus des actionnaires au moment où ils cochent la case « pour » ou « contre » en mai 2026.
Un parcours lié aux fonds d’investissement
Pendant longtemps, ces paramètres ont été mis en regard du parcours de Sébastien Bazin. Né en 1961 à Boulogne-Billancourt, diplômé de l’université Panthéon-Sorbonne en économie et en gestion, il débute sa carrière dans la finance à New York, au sein de Clore Group puis de la banque PaineWebber. De retour en France au début des années 1990, il dirige une société immobilière, puis rejoint à la fin de la décennie le fonds d’investissement Colony Capital pour y prendre la direction des activités européennes. Sous cette casquette, il pilote des investissements dans des sociétés comme Carrefour, le groupe hôtelier Fairmont ou l’enseigne de restauration Buffalo Grill, et entre au conseil d’administration d’Accor en 2005. En 2009, il prend la présidence du Paris Saint-Germain, alors propriété de Colony, avant l’arrivée du fonds qatari QSI en 2011.
En 2013, lorsque Denis Hennequin quitte la direction d’Accor, le conseil d’administration propose à Sébastien Bazin de prendre le poste de PDG. À cette date, Colony Capital détient une part significative du capital du groupe, aux côtés d’Eurazeo, et milite pour une accélération de la cession des murs d’hôtels. La stratégie adoptée sous la nouvelle direction aboutit à la séparation entre Accor, recentré sur les marques et l’exploitation, et AccorInvest, qui regroupe les actifs immobiliers avant la cession d’une majorité du capital de cette entité en 2018 pour plusieurs milliards d’euros. Le groupe multiplie dans le même temps les acquisitions dans le haut de gamme et le lifestyle, jusqu’à la création de la coentreprise Ennismore, maison-mère de marques comme Hoxton et Mama Shelter. Lorsque la crise sanitaire frappe, ce modèle allégé en actifs est présenté comme un facteur d’agilité face à la fermeture d’hôtels dans le monde entier.
À lireAir Liquide : combien gagne le directeur général François JackowColony Capital a depuis cédé ses titres Accor et n’apparaît plus parmi les principaux actionnaires. La légitimité de Sébastien Bazin ne s’appuie donc plus sur le soutien d’un fonds fondateur mais sur des résultats opérationnels et financiers obtenus au terme d’une décennie de transformation. Entre le creux de 2021, où l’EBE courant restait limité, et l’année 2025, où il dépasse le milliard, le groupe a retrouvé une capacité bénéficiaire qui rapproche ses indicateurs de ceux des grands acteurs internationaux. Ce changement d’échelle n’a pas conduit à une révision à la baisse de sa rémunération, au-delà de la réduction temporaire de son salaire fixe décidée en 2020 pendant la crise du Covid. Le vote de 2026 ouvre pour la première fois une discussion publique sur la manière dont ce parcours doit être rémunéré pour les deux années qui restent.
Un style de direction très exposé
Dans ses prises de parole, Sébastien Bazin décrit un style de direction qui s’écarte de celui de nombreux grands groupes. Il explique gérer un ensemble de plusieurs centaines de milliers d’employés sous enseigne Accor sans utiliser d’ordinateur, en privilégiant le téléphone, les rendez-vous physiques et des notes manuscrites, comme il le raconte dans un podcast publié au printemps 2025. Il y affirme passer une grande partie de son temps à visiter des hôtels, à rencontrer les propriétaires et à échanger avec les équipes locales. Il assume aussi, dans cet entretien, une « confiance en soi » qu’il juge parfois dérangeante pour ses interlocuteurs, en évoquant un tempérament « direct ». Ces propos ont été largement repris dans la presse économique et sur les réseaux sociaux.
Ce style trouve un écho particulier dans un groupe engagé dans une transformation numérique de grande ampleur. Accor investit depuis plusieurs années dans des outils de gestion des revenus, de personnalisation des offres et de fidélisation via son programme ALL, un programme de fidélité qui rassemble les clients des différentes marques du groupe. Depuis 2018, la direction a regroupé ces initiatives au sein d’une division « Digital & Technologie » pilotée par une équipe dédiée, avec des budgets en croissance. Des cadres qui travaillent sur ces projets décrivent un fonctionnement où les grandes orientations sont validées au sommet, tandis que la mise en œuvre repose sur des comités transverses. Les questions de gouvernance que posent ces circuits de décision se retrouvent dans les échanges entre investisseurs et direction sur la rémunération et la succession.
Les syndicats, eux, retiennent surtout certaines déclarations sur les salaires. En décembre 2021, dans un entretien consacré aux difficultés de recrutement dans l’hôtellerie-restauration, Sébastien Bazin affirme qu’Accor ne peut pas « payer plus » ses employés sans mesures d’allégement de charges, alors que le secteur perd des dizaines de milliers de postes après la crise sanitaire. Cette phrase se retrouve dans des communiqués de syndicats et dans des motions de comités sociaux et économiques. Elle entre en résonance avec la publication, quelques années plus tard, des ratios de rémunération, qui montrent un écart accru entre le haut et le milieu de la distribution salariale dans le groupe. Les résultats du vote sur la rémunération en 2026 donnent un nouvel élément chiffré à cette controverse entre le discours sur le partage de la valeur et la pratique au sommet.
Une succession encore sans visage
La question de la succession de Sébastien Bazin est désormais inscrite dans les documents officiels. En 2025, le conseil d’administration précise que son mandat actuel, qui court jusqu’en mai 2028, sera le dernier et qu’un processus de préparation de la relève est engagé, sans plus de détails. En mai 2026, dans un entretien à un hebdomadaire dominical, le PDG indique qu’il serait prêt à partir avant cette échéance si le conseil identifie un successeur avant, tout en rappelant qu’il n’a pas vocation à « s’accrocher ». Aucun nom de candidat n’a été mentionné publiquement depuis, ni en interne ni en externe, que ce soit parmi les membres de la direction exécutive ou parmi des profils extérieurs à l’entreprise. Dans les cercles financiers, des spéculations circulent sur un choix entre un profil plus opérationnel, issu de l’hôtellerie, et un profil venu des services numériques ou de la distribution en ligne.
Dans le même temps, plusieurs dossiers structurants pour le groupe restent ouverts. Le projet d’introduction en bourse d’Ennismore, filiale qui regroupe des marques d’hôtels et de restaurants lifestyle, a été suspendu à la suite des tensions géopolitiques, alors que des valorisations élevées circulaient à l’automne 2025. La cession de la part restante dans l’ancien pôle immobilier, héritier d’AccorInvest, doit encore être finalisée, dans un marché où les taux d’intérêt élevés pèsent sur les prix des actifs. Les investisseurs interrogent régulièrement la direction sur le calendrier et les conditions financières de ces opérations lors des conférences téléphoniques trimestrielles où sont commentés les résultats. Les réponses restent prudentes, renvoyant à des fenêtres de marché favorables qui n’ont pas encore été définies. Lors de l’assemblée de mai 2026, un actionnaire individuel demande si le conseil a d’ores et déjà défini le profil du futur dirigeant. Le président du conseil se borne à indiquer que le processus suit son cours et que l’annonce sera faite « en temps utile ». Aucun détail supplémentaire n’est donné sur le rôle que joueront les principaux actionnaires, dont Parvus, QIA et Kingdom Holding, dans cette décision.
