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Le nom Clarins appartient à une famille qui a choisi de garder le contrôle de son entreprise. La Bourse ne donne plus de prix quotidien à cet actif depuis 2008, mais son poids place les Courtin-Clarins parmi les grandes fortunes professionnelles françaises. Leurs investissements dans l’hôtellerie et le vin prolongent une richesse d’abord créée par les cosmétiques.
Une marque née d’un institut
Jacques Courtin ouvre en 1954 son premier institut de beauté, rue Tronchet, à Paris. Il y conçoit des soins inspirés par les plantes et donne naissance à la marque Clarins. La marque gagne ensuite les parfumeries, les grands magasins et les marchés étrangers. Elle vend principalement des soins pour le visage et le corps, puis développe le maquillage et des produits destinés aux hommes.
Clarins indique être présent dans 147 pays. Le groupe compte plus de 8 000 salariés, 28 filiales, deux laboratoires de recherche et deux sites industriels en France.
La société française Clarins est immatriculée sous le numéro SIREN 330 589 755. Elle a été créée le 31 août 1984 sous sa forme juridique actuelle, une société par actions simplifiée ; ce numéro désigne une entité française et non, à lui seul, l’ensemble du groupe présent à l’international. Les comptes déposés en France renseignent l’activité d’une société donnée, tandis que le groupe Clarins réunit des filiales et des activités dans plusieurs pays.
Le choix de quitter la Bourse
Financière FC, la holding de la famille Courtin-Clarins, annonce le 27 juin 2008 une offre publique d’achat simplifiée sur les actions Clarins qu’elle ne possède pas. Le prix proposé est de 55,50 euros par action. L’offre porte sur la part du capital encore détenue en Bourse et est évaluée à environ 842 millions d’euros. La famille dispose déjà du contrôle de Clarins lorsque l’opération est annoncée.
Après l’offre, Financière FC détient 96,44% du capital et 97,20% des droits de vote de Clarins. Ces seuils permettent le retrait obligatoire des dernières actions détenues par les investisseurs minoritaires. L’offre publique de retrait est clôturée le 12 décembre 2008, puis le retrait obligatoire intervient le 15 décembre. Clarins devient alors une société non cotée.
À lireEfferalgan est-il encore une marque française ?Un groupe coté possède un prix de Bourse visible chaque jour. Un groupe non coté, comme Clarins depuis 2008, ne dispose pas de cette référence publique : sa valeur dépend d’estimations fondées sur ses résultats, ses marques et les perspectives du secteur. La famille conserve les droits liés au capital : elle peut recevoir des dividendes si la société en verse, décider de ses investissements et bénéficier d’une éventuelle revente. Cette conservation du contrôle explique une grande part de la richesse attribuée aux Courtin-Clarins.
Ce que valent les Courtin-Clarins
La famille Courtin-Clarins occupe le 17e rang des fortunes professionnelles françaises en 2026. Son patrimoine professionnel est estimé à 6,5 milliards d’euros. Ce montant ne correspond pas à 6,5 milliards d’euros disponibles sur des comptes bancaires : il représente une estimation de la valeur des entreprises et participations détenues par la famille, au premier rang desquelles figure Clarins.
Aucun cours de marché n’actualise chaque jour la valeur de Clarins. Le montant retenu varie avec les résultats de l’entreprise, le prix auquel se négocient des groupes de beauté comparables et les hypothèses retenues pour valoriser une marque non cotée.
En 2013, Forbes estimait la fortune cumulée de Christian et Olivier Courtin-Clarins et de leurs familles à 2,2 milliards de dollars. Le magazine américain rattachait ce montant à la propriété familiale de Clarins.
EthiFinance évalue le chiffre d’affaires de Clarins à 1,7 milliard d’euros en 2024 et son EBITDA ajusté à 214 millions d’euros. L’EBITDA mesure le résultat dégagé par l’activité avant intérêts, impôts, amortissements et dépréciations. Clarins ne publie pas de comptes consolidés détaillés permettant de confirmer publiquement ces chiffres pour l’ensemble du groupe.
Le contrôle reste familial
Jonathan Zrihen est président-directeur général de Clarins. Olivier Courtin-Clarins et Virginie Courtin, sa nièce, dirigent le groupe à ses côtés et représentent respectivement la deuxième et la troisième générations de la famille fondatrice.
Prisca Courtin préside le conseil de surveillance de Clarins depuis la réorganisation annoncée en 2022. Le conseil de surveillance contrôle les grandes orientations et la gestion de la société, tandis que la direction générale conduit l’activité quotidienne.
À lireHerta n’est plus à Nestlé : qui décide désormais ?Clarins reste une entreprise familiale. Le groupe ne publie pas la part exacte détenue par chaque membre de la famille Courtin-Clarins ni par les holdings familiales. Clarins a obtenu en 2025 la certification B Corp pour ses marques et ses filiales. Cette certification privée évalue notamment les pratiques de gouvernance, les relations avec les salariés et les clients, ainsi que l’impact environnemental et social de l’entreprise.
L’argent de Clarins se diversifie
Famille C Participations est entrée au capital d’Evok Collection en 2024. Evok présente cette structure comme la société d’investissement de la famille Courtin. Evok exploite des hôtels haut de gamme, dont Brach, Nolinski et Cour des Vosges. La participation ouvre aux Courtin-Clarins une place dans un secteur qui s’adresse à une clientèle internationale et repose, lui aussi, sur la force des marques.
Le cabinet Ashurst Perkins Coie déclare avoir conseillé Famille C Participations sur les aspects sociaux liés à cette acquisition. Evok Collection ne publie ni le montant de l’investissement ni la part détenue par la famille Courtin.
À Saint-Émilion, Joséphine Duffau-Lagarrosse a conservé Château Beauséjour en 2021 après un conflit familial et judiciaire. Les familles Courtin-Clarins et Moulin l’ont soutenue dans cette opération. Aucun document public ne précise la part détenue par les Courtin-Clarins dans ce domaine viticole ni le prix qu’ils auraient versé. Clarins reste donc l’actif qui explique l’essentiel de la fortune familiale, tandis que l’hôtellerie et le vin en constituent des prolongements plus récents.
