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Des milliards sont attribués à la famille d’Ornano, mais aucun cours de Bourse ne permet d’en suivre la valeur au jour le jour. Leur principal actif porte le nom de Sisley, une maison française de cosmétiques vendue dans plus de cent pays. L’histoire familiale passe par plusieurs marques avant d’aboutir à ce groupe resté privé.
3,2 milliards d’euros, selon Challenges
Challenges a estimé à 3,2 milliards d’euros la fortune professionnelle de Philippe et Christine d’Ornano et de leur famille dans son classement publié en juillet 2025. Le magazine les plaçait alors au 38e rang des 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises, après une hausse évaluée à 300 millions d’euros en un an.
Ce chiffre ne correspond pas à 3,2 milliards d’euros disponibles sur un compte bancaire. Il représente une estimation de la valeur des entreprises et des participations détenues par la famille, principalement Sisley. Challenges indique que la totalité de cette fortune est constituée de participations dans des sociétés non cotées.
Une société non cotée n’est pas achetée et vendue chaque jour en Bourse. Son prix n’est connu avec précision que lorsqu’une part du capital est cédée ou qu’un investisseur entre au capital. Sisley n’est pas cotée : aucun cours de Bourse ne permet donc de fixer chaque jour sa valeur, comme c’est le cas pour L’Oréal ou LVMH.
Le magazine donne à Philippe et Christine d’Ornano un indice de 50 sur 100 pour la part « self-made » de leur fortune et les décrit comme des héritiers qui dirigent l’entreprise. Cette appréciation reflète le classement de Challenges ; elle ne détaille ni la valeur de chaque filiale de Sisley ni la part détenue par chacun des membres de la famille.
Une famille propriétaire, des parts inconnues
Sisley se présente comme une entreprise familiale. Philippe d’Ornano en est président ; sa sœur Christine d’Ornano en est directrice générale. Daria Botin, petite-fille d’Isabelle d’Ornano, travaille aussi dans le groupe comme directrice de la création de contenus.
Hubert d’Ornano et Isabelle d’Ornano ont créé Sisley en 1976. Philippe d’Ornano a rejoint la société en 1986, avant de prendre la présidence en 2013. La famille conserve le contrôle de Sisley, selon les informations publiées par l’entreprise.
La répartition exacte du capital entre Philippe d’Ornano, Christine d’Ornano, Isabelle d’Ornano et les autres héritiers n’est pas publique. Depuis le 31 juillet 2024, les données nominatives du registre des bénéficiaires effectifs ne sont plus librement consultables.
À lireGolf : à qui appartiennent vraiment les greens français ?Ce registre identifie les personnes qui détiennent plus de 25% d’une société ou qui en contrôlent les décisions. L’accès est désormais réservé, notamment, aux autorités, à certains professionnels et aux personnes pouvant justifier d’un intérêt légitime. Le mot « familial » décrit donc le contrôle de l’entreprise par les d’Ornano ; il ne permet pas de connaître le pourcentage exact que possède chaque membre de la famille.
Jean d’Albret, Orlane, puis Sisley
Hubert et Michel d’Ornano ont créé Jean d’Albret en 1946. L’entreprise fabriquait des parfums. En 1953, les deux frères se sont associés à leurs parents, Guillaume et Élisabeth d’Ornano, pour lancer Orlane, une marque de soins.
Orlane a été vendue à la fin des années 1960. Hubert d’Ornano a fondé Sisley avec Isabelle d’Ornano en 1976. L’entreprise a lancé des soins, du maquillage et, en 1977, son premier parfum, « Eau de Campagne ».
Cette succession explique l’expérience de la famille dans les cosmétiques avant Sisley. Pendant trente ans, elle a créé, dirigé ou vendu des sociétés dans la parfumerie et les soins. Le montant de la vente d’Orlane n’a pas été rendu public. Aucun document accessible ne permet d’affirmer que cet argent a financé directement la création de Sisley.
Une marque française devenue mondiale
Sisley indique employer près de 5 000 personnes dans le monde, dont plus de 1 000 en France. Le groupe compte 33 filiales de distribution et vend ses produits dans plus de 100 pays.
Sisley affirme réaliser près de 90% de son chiffre d’affaires à l’international. En pratique, environ neuf produits Sisley sur dix sont vendus hors de France.
Le groupe vend des produits de soin, du maquillage et des parfums haut de gamme. Ses produits sont proposés dans des parfumeries, des grands magasins, des spas, des instituts et les Maisons Sisley, ses propres boutiques de soin et de beauté.
Le chiffre d’affaires mondial de Sisley est proche de 900 millions d’euros. Une autre estimation, publiée en 2024, le situait autour de 1 milliard de dollars. Ces chiffres portent sur des dates différentes et ne sont pas exprimés dans la même monnaie.
Sisley ne publie pas ses comptes consolidés mondiaux. Le chiffre d’affaires exact, le résultat net, la dette et la marge du groupe ne sont donc pas accessibles au public avec le niveau de détail d’une société cotée.
Des usines en France
Sisley affirme que l’essentiel de ses soins, maquillages et parfums est conçu, développé et fabriqué en France. Le groupe dispose notamment d’activités de recherche, de logistique et d’administration à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, ainsi que d’un site de fabrication et de conditionnement à Blois, dans le Loir-et-Cher.
Un investissement de 130 millions d’euros est prévu dans deux nouveaux sites à Saint-Ouen-l’Aumône et Vendôme. Le calendrier présenté prévoit une mise en service d’ici à 2027 et un doublement des capacités de production à l’horizon 2030.
La Région Île-de-France a documenté un projet géothermique pour un bâtiment de bureaux de CFEB Sisley à Saint-Ouen-l’Aumône. Le projet comprend 26 sondes, dont 25 de 150 mètres, et une pompe à chaleur réversible de 131 kilowatts.
Un nouveau site près de Vendôme doit doubler la capacité industrielle de Sisley dans le Loir-et-Cher. Son entrée en service a été annoncée pour 2026, un calendrier qui diffère de l’échéance de 2027 avancée pour l’ensemble des nouveaux investissements.
À lireSt Michel : qui contrôle le biscuitier français ?Sisley fait état de 200 millions d’euros investis en dix ans dans ses trois sites français. Le groupe ne publie pas le détail annuel de ces dépenses.
Une valeur difficile à chiffrer
CFEB Sisley, établie au 3, avenue de Friedland, à Paris, relève de l’activité de fabrication de parfums et de produits de toilette. La société compte 20 établissements, dont neuf actifs.
CFEB Sisley est une société française du groupe. Ses comptes, lorsqu’ils sont disponibles, ne décrivent pas à eux seuls les ventes et les bénéfices de toutes les filiales de Sisley dans le monde.
Sisley Industrie, à Villebarou, dans le Loir-et-Cher, a déclaré 54,35 millions d’euros de chiffre d’affaires et 2,09 millions d’euros de bénéfice pour l’exercice clos le 31 décembre 2025. Ces données concernent le site industriel concerné, pas le groupe Sisley dans son ensemble.
La valeur exacte de Sisley reste inconnue en l’absence de cotation boursière, de vente récente rendue publique ou de comptes consolidés accessibles. Challenges estimait la fortune de la famille à 3,2 milliards d’euros en 2025 ; aucun document public ne permet de convertir cette estimation en prix certain de Sisley, ni de connaître la part de cette fortune détenue en liquidités.
La fortune attribuée aux d’Ornano vient donc principalement de Sisley : une entreprise de cosmétiques développée par la famille depuis 1976, devenue internationale et restée sous son contrôle. Jean d’Albret et Orlane expliquent l’expérience accumulée avant cette création ; aucun document public ne retrace cependant, euro par euro, l’origine du capital initial de Sisley.
