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Un dixième du prix de chaque bouteille vendue part en dons vers le Maghreb. La jeune marque veut en même temps convaincre les hôtels haut de gamme et les clients des supermarchés français. En moins de trois mois, ses ventes ont déjà financé ses premières conventions avec des associations.
Une recette alsacienne, un certificat suisse
Natakassam signifie « on partage » en arabe littéraire. Le cola qui porte ce nom est conçu et fabriqué en Alsace, et vendu en France depuis juillet 2026. Il est fait d’une eau de source naturelle à bulles fines, avec de légères notes de caramel.
La marque le présente comme le premier cola zéro sucre au monde certifié halal. La certification a été délivrée par HCS Halal Certification Service, un organisme suisse reconnu par les autorités religieuses compétentes et auquel font confiance de grandes marques internationales. Elle couvre les ingrédients, mais aussi l’usine où la boisson est produite et mise en bouteille.
Chaque étiquette affiche « 0 sucre / Better Health ». Pour 100 ml, la boisson apporte 1 kcal. En France, les boissons sucrées sont soumises depuis 2012 à une « taxe soda », renforcée en 2018 puis alourdie au 1er mars 2025. Depuis, les supermarchés mettent en avant les boissons zéro sucre haut de gamme, catégorie dans laquelle Natakassam Cola se range.
Du verre pour l’hôtellerie, du plastique pour les rayons
Les restaurants et les hôtels reçoivent déjà la bouteille en verre de 33 cl. La marque y vise notamment une clientèle aisée originaire des pays du Golfe, attentive à la composition des produits et à leur fabrication en France.
À lireOasis, la boisson sucrée se refait une santé fiscaleDans les supermarchés, le même cola se vend en bouteille plastique de 1,5 litre. Celle-ci porte en relief un motif de moucharabieh, ces panneaux ajourés typiques de l’architecture traditionnelle du Maghreb. Sur les deux formats, le bouchon et l’étiquette sont verts, la couleur de la marque.
Théophile Cormillot, directeur commercial de Natakassam Cola, a déclaré : « Si l’on estime qu’entre 6 et 9 % de la population française est musulmane, le marché des boissons Halal représente un potentiel commercial considérable. » Cette estimation s’appuie sur une publication de l’Insee parue en 2025 consacrée aux immigrés et aux étrangers.
Un dixième du prix, pas des bénéfices
La Fondation d’entreprise Natakassam reçoit 10 % du prix de chaque bouteille vendue. Le calcul porte sur le prix de vente, et non sur les bénéfices de l’entreprise. La fondation reverse ces sommes à des associations du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie, pays d’où vient la grande majorité des musulmans de France. Ces dons financent l’éducation et l’accès aux soins, ainsi que des actions pour l’égalité des chances.
Ce choix fait écho, selon la marque, à la zakat, troisième pilier de l’islam, qui impose à chaque musulman de donner aux personnes dans le besoin.
Le Journal officiel a publié le 16 juin 2026 la mission d’intérêt général de la fondation, qui se déclare apolitique. Ses ressources viennent uniquement des ventes de bouteilles. Elle aide en priorité des associations qui s’occupent d’enfants malades et d’orphelins, et finance aussi l’achat de matériel médical. Sur son site, fondation-natakassam.org, chacun peut consulter les conventions signées avec les associations et les preuves des paiements effectués.
Deux conventions signées en moins de trois mois
Plus de 7 000 euros de dons ont été collectés grâce aux ventes, dans le cadre de deux conventions de mécénat.
À lireLa Vache qui Rit s’installe en Asie et en AfriqueEn supermarché, la bouteille plastique de 1,5 litre, qui pèse 35 grammes à vide, est proposée à un prix conseillé compris entre 1,90 et 2 euros. Elle peut être consommée de préférence dans les douze mois, contre dix-huit mois pour la bouteille en verre de 33 cl destinée aux professionnels.
