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Chine : à combien s’élève le salaire minimum en 2026 ?

Combien s'élève le SMIC en Chine en 2026 ? Entre 1 650 et 2 740 yuans selon la région, avec de nouvelles hausses entrées en vigueur cet automne.

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Un salarié tibétain payé au tarif légal touche 1 650 yuans par mois, environ 212 euros. Son homologue de Shanghai en perçoit 2 740, sans qu’aucun texte national ne fixe l’écart entre les deux. Trente et une grilles régionales coexistent, que chaque gouvernement provincial révise à la date de son choix. Trois l’ont déjà fait en 2026, deux autres l’annoncent pour décembre.

Le Guangdong passe devant Pékin

Le gouvernement provincial du Guangdong a publié le 24 août 2026 la notice 粤府函〔2026〕188号, entrée en vigueur le 1er septembre. Shenzhen passe à 2 700 yuans mensuels, environ 347 euros, Guangzhou à 2 680 yuans, environ 344 euros. Les deux métropoles partagent le même taux horaire, fixé à 25,4 yuans.

Elles se hissent au deuxième rang national, derrière la seule Shanghai, et devancent désormais Pékin comme Tianjin, dont les barèmes n’ont pas été révisés depuis le 1er septembre 2025.

À Guangzhou, la hausse atteint 7,2 %. Dix villes de troisième catégorie voient la leur grimper à 16,6 %, pour un seuil porté à 2 040 yuans. Le Guangdong concentre le premier bassin manufacturier du pays, ce qui donne à sa révision un poids que n’ont pas celles des provinces intérieures.

Shanghai n’a pas bougé depuis quatorze mois

Shanghai conserve le plafond national avec 2 740 yuans mensuels, environ 352 euros, et 25 yuans de l’heure, en vertu de l’avis 沪人社规〔2025〕10号 applicable depuis le 1er juillet 2025. Sa dernière revalorisation a été la plus faible enregistrée par la municipalité depuis plus de dix ans.

Au 1er janvier 2026, le Jiangsu a porté sa catégorie 1 à 2 660 yuans par l’avis 苏人社规〔2025〕3号, passant devant Pékin et ses 2 540 yuans, appliqués depuis le 1er septembre 2025 au titre de la notice 京人社劳发〔2025〕7号. Tianjin suit à 2 510 yuans, entrés en vigueur à la même date selon la notice 津人社规字〔2025〕1号. Le Shaanxi a rejoint le haut du tableau le 1er janvier 2026 avec 2 376 yuans pour son niveau 1, par la notice 陕人社发〔2026〕4号.

Ville / régionMensuel (yuans)Équivalent eurosHoraire (yuans)Date d’effetRéférence
Shanghai2 740~352 €251er juillet 2025沪人社规〔2025〕10号
Shenzhen2 700~347 €25,41er septembre 2026粤府函〔2026〕188号
Guangzhou2 680~344 €25,41er septembre 2026粤府函〔2026〕188号
Jiangsu (cat. 1)2 660~341 €251er janvier 2026苏人社规〔2025〕3号
Pékin2 540~326 €27,71er septembre 2025京人社劳发〔2025〕7号
Tianjin2 510~322 €26,61er septembre 2025津人社规字〔2025〕1号
Shaanxi (niv. 1)2 376~305 €1er janvier 2026陕人社发〔2026〕4号
Zhuhai, Foshan, Dongguan, Zhongshan2 300~295 €21,91er septembre 2026粤府函〔2026〕188号

Conversions au taux de la Banque centrale européenne du 1er septembre 2026 : 1 EUR = 7,7891 CNY.

D’un bout à l’autre du pays, le montant applicable en septembre 2026 va de 1 650 à 2 740 yuans, soit de 212 à 352 euros. La majorité des trente et une régions administratives dépasse aujourd’hui 2 000 yuans mensuels.

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Pékin arrive quatrième pour le montant mensuel et premier pour le taux horaire, avec 27,7 yuans, devant les 26,6 yuans de Tianjin. Les deux classements ne se recoupent pas.

Trente et un barèmes, aucun texte national

Chaque province, municipalité et région autonome arrête ses propres seuils. Le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale (MOHRSS) a publié le 12 janvier 2026 un tableau consolidé des barèmes en vigueur dans les trente et une régions administratives, document que les cabinets spécialisés utilisent comme base de suivi.

Pour chaque région, ce tableau recense deux barèmes distincts, un montant mensuel destiné aux salariés à temps plein et un taux horaire réservé aux temps partiels et aux horaires flexibles.

Les provinces découpent ensuite leur territoire en catégories de zones, numérotées de 1 à 3 ou classées de A à D. Le Guangdong en compte trois depuis le 1er septembre. Guangzhou et Shenzhen occupent la première, entre 2 680 et 2 700 yuans. Zhuhai, Foshan, Dongguan et Zhongshan forment la deuxième, à 2 300 yuans, quand les villes de troisième catégorie s’arrêtent à 2 040 yuans. Le Xinjiang applique 2 270, 2 080 et 1 930 yuans selon la zone, le Shaanxi 2 376, 2 250 et 2 140 yuans.

Aucun de ces montants ne correspond à la somme portée en bas de la fiche de paie. La réglementation chinoise en exclut les heures supplémentaires, les primes versées pour le travail de nuit ou souterrain, celles qui compensent l’exposition aux hautes et basses températures, ainsi que certains avantages en nature. Un ouvrier posté de Shenzhen perçoit donc davantage que les 2 700 yuans du barème, un employé de bureau de la même ville s’en tient à ce plancher.

En dessous de 1 700 yuans, le Liaoning et le Tibet

Le Liaoning applique dans ses zones classées C un minimum mensuel proche de 1 700 yuans. Dans plusieurs localités tibétaines, le plancher tombe à 1 650 yuans, le niveau le plus bas recensé à l’échelle nationale. Après sa révision d’octobre, le Xinjiang maintiendra sa catégorie la plus basse à 1 930 yuans.

Entre 1 650 et 2 740 yuans, l’écart atteint 1 090 yuans, soit 66 % du montant le plus bas. Les gouvernements provinciaux justifient ces grilles séparées par le coût de la vie et le niveau de développement de leurs territoires, l’un et l’autre très inférieurs à l’intérieur des terres à ce qu’ils sont sur le littoral.

Le Shanxi et le Xinjiang relèveront en octobre

Le Shanxi a publié le 17 août 2026 la notice 晋政办发〔2026〕29号, qui porte au 1er octobre son minimum mensuel à 2 350 yuans pour la première catégorie, 2 250 pour la deuxième et 2 150 pour la troisième. Les taux horaires correspondants s’établiront à 13,5, 12,9 et 12,4 yuans.

Même date au Xinjiang, dont les trois seuils passeront à 2 270, 2 080 et 1 930 yuans, pour des taux horaires de 22,7, 20,8 et 19,3 yuans, selon la notice régionale relayée par China News Xinjiang et l’agence Xinhua. À Karamay, ville pétrolière du nord de la région, la hausse locale atteint 9,67 %.

Le Chongqing et le Sichuan ont annoncé des relèvements supérieurs à 7 % pour décembre 2026, rapporte le South China Morning Post. Aucune notice provinciale officielle n’est parue à ce jour pour ces deux collectivités.

Le tableau consolidé du 12 janvier ne donne déjà plus les bons montants pour le Guangdong, et ne les donnera plus pour le Shanxi ni le Xinjiang dans un mois.

Des hausses au double de la croissance locale

Guangzhou a relevé son seuil de 7,2 %, Karamay de 9,67 %, dix villes du Guangdong de 16,6 %. Sheana Yue, économiste chez Oxford Economics, a indiqué au South China Morning Post que ces augmentations dépassent largement la croissance du PIB des provinces concernées l’an dernier, comprise entre 3,9 % et 5,5 %. Les relèvements atteignent environ le double du taux de croissance national enregistré en 2025.

Les gouvernements provinciaux visent en priorité les salariés du bas de la grille, dont la propension à consommer est jugée plus élevée par les économistes interrogés par le quotidien hongkongais. Un ouvrier de troisième catégorie du Guangdong touche 290 yuans de plus chaque mois depuis le 1er septembre, l’écart entre les 2 040 yuans du nouveau barème et les 1 750 qu’impliquait le précédent.

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Les mêmes économistes avertissent que ces montants comprimeront les marges des petites entreprises manufacturières, sans effet mesurable sur la consommation nationale.

Le plancher légal face aux 129 441 yuans de moyenne

Le Bureau national des statistiques a publié le 15 mai 2026 un communiqué, repris par la télévision publique CCTV, chiffrant à 129 441 yuans le salaire annuel moyen du secteur urbain non privé en 2025, en hausse de 4,3 % en valeur nominale et de 4,2 % une fois l’inflation prise en compte. Le secteur privé s’établit à 71 590 yuans, en progression de 3,0 %.

Dans les entreprises de taille significative, la moyenne atteint 106 080 yuans. Les cadres intermédiaires et supérieurs y perçoivent 210 016 yuans par an, contre 79 857 yuans pour les employés des services et 80 739 yuans pour les postes de production.

Un salarié shanghaïen payé au minimum légal perçoit 32 880 yuans sur douze mois, soit 46 % du salaire annuel moyen du secteur privé et 25 % de celui du secteur urbain non privé. Son homologue de Shenzhen touche 32 400 yuans, celui d’une ville de troisième catégorie du Guangdong 24 480 yuans.

Une pénalité qui peut doubler l’arriéré

Les employeurs du secteur informel échappent plus souvent aux contrôles, comme ceux qui recrutent des travailleurs migrants, deux catégories où le versement de sommes inférieures au minimum légal persiste. Les cabinets spécialisés en droit du travail chinois rappellent que l’employeur défaillant peut être condamné à verser l’arriéré, assorti d’une pénalité comprise entre 50 % et 100 % du montant dû.

Les 290 yuans mensuels gagnés par un ouvrier de troisième catégorie du Guangdong deviennent, pour l’entreprise qui ne les verse pas, une dette de 3 480 yuans au bout d’un an, portée jusqu’à 6 960 yuans par salarié une fois la pénalité maximale appliquée.



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