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Portugal : quel est le montant du SMIC en 2026 ?

Combien touche un salarié au SMIC au Portugal en 2026 ? 920 euros bruts, 818,80 nets, quatre montants selon les territoires, et 12e place au classement européen.

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À Lisbonne, un studio se loue en moyenne 1 250 euros par mois. Le salaire minimum portugais net n’en couvre pas les deux tiers. Le chef du gouvernement Luís Montenegro a pourtant signé en octobre 2024 un accord tripartite qui fixe d’avance les revalorisations jusqu’en 2028. L’Institut national de la statistique a publié le 31 août deux chiffres qui en réduisent la portée.

Une seule ligne de retenue sur la fiche de paie

Le salaire minimum portugais s’établit à 920 euros bruts mensuels depuis le 1er janvier 2026, contre 870 euros en 2025. Le décret-loi n° 139/2025, publié le 29 décembre 2025 au Diário da República, le journal officiel portugais, fixe cette hausse de 5,7 % pour le Portugal continental.

Le dispositif porte le nom de Retribuição Mínima Mensal Garantida, la RMMG. Le Portugal raisonne en montant mensuel là où la France applique un taux horaire, et verse ce minimum quatorze fois par an, les deux versements supplémentaires correspondant à une prime de vacances et à une prime de Noël. Sur l’année, un salarié au minimum légal perçoit 12 880 euros bruts.

Comparer ce montant à celui de l’Allemagne ou de l’Espagne, qui paient sur douze mois, suppose de l’étaler. Eurostat divise donc les 12 880 euros annuels par douze et obtient 1 073 euros bruts par mois, contre 1 015 euros en 2025. Les classements européens reposent sur ce chiffre étalé, jamais sur les 920 euros du bulletin de paie.

Une seule ligne de retenue apparaît ensuite. La cotisation à la Segurança Social, la sécurité sociale portugaise, ampute le salaire de 11 %, soit 101,20 euros. Il reste 818,80 euros nets.

Le salarié au minimum légal échappe à l’impôt sur le revenu. Les barèmes de retenue à la source approuvés par l’arrêté n° 233-A/2026 de l’Autorité fiscale portugaise placent leur seuil d’exonération exactement au niveau du salaire minimum, sans considération de la situation familiale du contribuable. En 2025, le net s’établissait à 774,30 euros. Le gain mensuel affiché atteint 44,50 euros.

Quatre planchers pour un seul pays

Aux Açores, une majoration automatique de 5 % sur le montant national porte le minimum régional à 966 euros bruts, soit 859,74 euros nets. À Madère, le décret législatif régional n° 1/2026/M, publié le 2 février 2026, fixe le seuil à 980 euros bruts, 6,52 % au-dessus du continent, pour un net de 872,20 euros. La circulaire n° 3/2026 de l’Autorité fiscale a confirmé le traitement fiscal de ces deux montants. Avec les 920 euros du continent, trois planchers territoriaux coexistent.

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Un quatrième s’y ajoute, celui de l’État employeur. La rémunération minimale de la fonction publique est passée de 878,41 euros bruts en 2025 à 934,99 euros au 1er janvier 2026, par le décret-loi n° 29-A/2026 du 30 janvier 2026. La hausse atteint 6,44 %, au-dessus des 5,7 % consentis au secteur privé.

Signé le 21 janvier 2026 entre le gouvernement et deux syndicats de fonctionnaires, la Fesap et le STE, tous deux affiliés à l’UGT, l’une des deux grandes centrales syndicales portugaises, l’Accord pluriannuel 2026-2029 sert de fondement à ce décret. La CGTP, l’autre centrale, proche du Parti communiste portugais, ne l’a pas paraphé. La trajectoire porte cette rémunération à 1 116,55 euros en 2029. Un agent public au bas de la grille gagne aujourd’hui 14,99 euros bruts de plus par mois qu’un salarié au SMIC continental.

Les 44,50 euros de gain tombent à 18,95

L’Institut national de la statistique portugais a publié le 31 août 2026 son estimation rapide. L’inflation annuelle atteint 3,3 % en août, contre 3,0 % en juillet.

L’INE attribue « presque entièrement » cette accélération de 0,3 point à la hausse des prix des carburants. Les prix de l’énergie ont progressé de 12,2 % sur un an en août, après 8,7 % en juillet. Un second indicateur, l’indice harmonisé des prix à la consommation, calculé selon une méthode commune aux Vingt-Sept pour permettre les comparaisons, est passé de 3,1 % à 3,6 % en un mois.

Les prix avaient pourtant ralenti depuis le printemps. Après un pic à 3,2 % en juin, l’inflation était retombée à 3,0 % en juillet, chiffre confirmé par l’INE le 12 août 2026. L’inflation sous-jacente, qui écarte du calcul l’énergie et les produits frais, s’établit à 2,7 % en août contre 2,6 % le mois précédent. Les carburants n’expliquent donc pas seuls la reprise.

Reste la soustraction. Si les prix se maintenaient jusqu’en décembre au rythme d’août, conserver le pouvoir d’achat des 774,30 euros nets de 2025 exigerait 799,85 euros par mois. Le salarié au minimum légal en touche 818,80. Son gain réel s’établirait à 18,95 euros, contre les 44,50 euros inscrits sur la fiche de paie.

Aucun rattrapage n’interviendra en cours d’année. L’article 273 du Code du travail portugais, la loi n° 7/2009, confie la fixation du minimum à un décret-loi annuel pris après concertation, sans clause d’indexation sur les prix.

Le loyer moyen d’un T1 dépasse le salaire entier

À Lisbonne, le loyer moyen d’un studio ou d’un T1, un logement d’une chambre, s’établit autour de 1 250 euros, dans une fourchette de 1 000 à 1 700 euros. Les annonces de la Baixa-Chiado montent à 1 500, parfois 1 900 euros. À Porto, le loyer mensuel moyen atteignait 1 200 euros fin août 2026, en hausse de 9,1 % sur un an, près de trois fois le rythme de l’inflation générale.

Un T1 lisboète moyen absorbe 153 % du salaire minimum net continental. Avec 818,80 euros par mois, un smicard portugais accède à une chambre en colocation ou à un logement de grande périphérie.

Le 31 août, l’INE a publié une seconde estimation, beaucoup moins commentée. Le coefficient légal de revalorisation des baux d’habitation soumis au régime d’actualisation annuelle pourrait atteindre 2,56 % au 1er janvier 2027. Il se calcule sur l’inflation moyenne des douze derniers mois.

Le chiffre reste provisoire. L’INE doit le confirmer le 10 septembre 2026, avant une publication au Diário da República au plus tard le 30 octobre. Les propriétaires portugais répercuteront donc en janvier 2027 une inflation constatée, mesurée mois par mois. Le salaire minimum de la même année, lui, a été fixé à 970 euros dès octobre 2024, deux ans avant de connaître ces prix.

1 073 euros, douzième rang européen

Vingt-deux des vingt-sept États membres de l’Union européenne disposaient d’un salaire minimum légal au 1er janvier 2026, selon les données publiées par Eurostat le 29 janvier 2026. Le Danemark, l’Italie, l’Autriche, la Finlande et la Suède font exception, leurs minima étant fixés branche par branche par convention collective.

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Avec 1 073 euros, le Portugal occupe le douzième rang de ce classement et figure dans le groupe intermédiaire des huit pays situés entre 1 000 et 1 500 euros. Il devance la Croatie (1 050 euros) et la Grèce (1 027 euros). Chypre (1 088 euros), la Pologne (1 139 euros) et la Lituanie (1 153 euros) le précèdent. L’Espagne voisine verse 1 381 euros, soit 308 euros de plus chaque mois.

PaysSMIC brut mensuel (1er janvier 2026, Eurostat)
Luxembourg2 704 €
Irlande2 391 €
Allemagne2 343 €
Pays-Bas2 295 €
Belgique2 112 €
France1 823 € (1 867 € depuis le 1er juin 2026)
Espagne1 381 €
Slovénie1 278 €
Lituanie1 153 €
Pologne1 139 €
Chypre1 088 €
Portugal1 073 €
Croatie1 050 €
Grèce1 027 €
Malte994 €
Tchéquie924 €
Slovaquie915 €
Estonie886 €
Hongrie838 €
Roumanie795 €
Lettonie780 €
Bulgarie620 €

Le SMIC français a connu deux montants en 2026, 1 823,03 euros bruts au 1er janvier, puis 1 867,02 euros depuis le 1er juin, après une revalorisation automatique de 2,41 % déclenchée par l’inflation et confirmée par le ministère du Travail. Un smicard français perçoit 74 % de plus que son homologue portugais. Ce classement aligne des montants bruts convertis en euros, sans correction des écarts de prix d’un pays à l’autre.

319,70 euros séparent le salarié de l’employeur

Les cotisations patronales de sécurité sociale s’élèvent à 23,75 % du salaire brut, contre 11 % pour la part salariale. Un salarié rémunéré 920 euros coûte donc 1 138,50 euros par mois à son entreprise, cotisations patronales comprises. Sur quatorze mensualités, la facture annuelle avoisine 15 939 euros.

Le salarié touche 818,80 euros, l’employeur en verse 1 138,50. Entre les deux, 319,70 euros partent en cotisations. Le recrutement d’un chômeur de longue durée ouvre droit à des exonérations substantielles de la part patronale, sur une durée fixée par la réglementation.

970 euros en 2027, puis plus rien…

L’Accord tripartite sur la valorisation salariale et la croissance économique 2025-2028 a été signé le 1er octobre 2024 entre le gouvernement de Luís Montenegro, chef de l’exécutif portugais, le syndicat UGT et quatre organisations patronales, la CIP, la CCP, la CTP et la CAP. La CGTP a refusé de le signer.

Le texte programme cinquante euros de hausse par an. Après 820 euros en 2024, 870 euros en 2025 et 920 euros en 2026, le minimum légal doit atteindre 970 euros en 2027, puis 1 020 euros en 2028. Le montant ajouté reste identique chaque année, mais rapporté à une base qui grossit, il produit des pourcentages en baisse, de 6,1 % en 2025 à 5,2 % en 2028.

Le décret-loi n° 139/2025 ne mentionne aucun objectif chiffré au-delà de cette échéance. La trajectoire réglementaire s’arrête en 2028. L’horizon des 1 200 euros en 2030, avancé dans plusieurs communications antérieures du gouvernement, ne repose sur aucun engagement contractuel en vigueur.

En juillet 2026, l’exécutif a enterré un projet de réforme du droit du travail contesté par l’ensemble des organisations syndicales. La CGTP, qui n’a paraphé ni l’accord de 2024 ni celui de janvier 2026 sur la fonction publique, réclame un rythme de hausse plus rapide.



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