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Il y a quatre ans, ce fût de whisky écossais avait déjà trouvé preneur pour un peu plus d’un million d’euros. Il revient aux enchères à un prix de départ presque identique. Entre-temps, le whisky qu’il contient a vieilli, et son prochain propriétaire pourra le laisser vieillir encore.
Mise à prix : un million d’euros
Les enchères sur le fût numéro 1145 de la distillerie Port Ellen partent de 1 million d’euros. L’acheteur remporte le fût entier, avec le whisky qu’il contient.
Fine Spirits Auction reçoit les offres jusqu’au 2 octobre ; le lot est présenté en partenariat avec Diageo.
La Maison du Whisky, spécialiste des spiritueux depuis 1956, a créé ce site d’enchères en ligne en novembre 2020 avec iDealwine, maison française de ventes aux enchères de vin. Plus de 15 000 bouteilles y ont trouvé preneur depuis.
Derrière le prix, un whisky de 1979
Le whisky a été distillé le 15 février 1979. Il a quarante-sept ans.
À lireLe jackpot maritime qui a fait la fortune de Rodolphe Saadé« Les occasions de présenter un fût de Port Ellen de cette provenance et de cet âge sont extrêmement rares », a déclaré Etienne de La Morsanglière, directeur Fine & Rare de La Maison du Whisky.
Le fût repose dans les chais, c’est-à-dire les entrepôts de vieillissement, de Royal Lochnagar. Il s’agit d’un hogshead en chêne américain qui avait déjà servi avant d’être rempli (refill). En juin 2026, le taux d’alcool du whisky était estimé à 51,4 %, pour un volume correspondant à environ 73 bouteilles.
Le lot comprend le stockage, puis l’embouteillage dans la gamme officielle Port Ellen Cask of Distinction. L’acquéreur disposera aussi d’une dérogation lui permettant de laisser le whisky vieillir en fût jusqu’au 16 février 2029, date de ses cinquante ans. Il choisira lui-même le moment de la mise en bouteille.
875 000 livres lors de la première vente
En 2022, ce même fût avait été vendu 875 000 livres sterling, soit environ 1,018 million d’euros. Fine Spirits Auction a fixé la mise à prix de 2026 à peu près au niveau de cette première adjudication.
Son historique est « parfaitement documenté », a déclaré Etienne de La Morsanglière.
Charles Maclean, auteur de la note de dégustation qui accompagne le lot, a écrit en anglais : « As good a Port Ellen as I have ever tasted » (« un Port Ellen aussi bon que tous ceux que j’ai goûtés »).
La distillerie qui s’était tue en 1983
A. K. Mackay & Co. fonde Port Ellen en 1825, sur la côte sud de l’île écossaise d’Islay. John Ramsay en prend le contrôle en 1836 ; le site participe alors au développement du commerce de whisky avec l’Amérique du Nord. En 1925, la distillerie rejoint le groupe Distillers Company Limited (DCL). Elle cesse ensuite de produire pendant une longue période, puis redémarre à la fin des années 1960, surtout pour fournir du whisky de malt destiné à être mélangé à d’autres whiskies.
À lireUn emploi allemand sur six sous le seuil de bas salaireEn mai 1983, Port Ellen arrête définitivement de distiller, lorsque l’industrie écossaise réduit ses capacités de production.
Les fûts remplis avant cette date continuent de vieillir, puis sont mis en bouteille au fil des ans. Diageo en tire notamment dix-sept éditions annuelles de Port Ellen dans sa collection Special Releases, vendues entre 2001 et 2017.
En mars 2024, après plus de quarante ans d’arrêt, Diageo relance officiellement la production. La distillerie utilise deux paires d’alambics, les appareils dans lesquels on distille. Les « Phoenix Stills » reproduisent ceux d’avant 1983. Les « Experimental Stills » sont équipés d’un dispositif qui permet de mieux isoler la partie de l’alcool conservée à la distillation, appelée cœur de chauffe. Le whisky du fût 1145, distillé en 1979, fait partie des stocks historiques, qui proviennent tous de distillations antérieures à la fermeture de 1983.
