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Char Leclerc : le lent déclassement d’une icône blindée

Leclerc, exporté au Yémen et maintenu à grand frais, doit céder la place au CAPINT de KNDS : plongez dans l’enquête sur le destin contrarié du char français.

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Conçu dans les années 1980 pour rivaliser avec les chars américains et allemands, le Leclerc reste l’image familière des forces blindées françaises. Il a pesé sur les comptes de Giat, accéléré la transformation de Nexter et fini par se fondre dans un groupe franco-allemand que Paris et Berlin veulent introduire en Bourse. Au Yémen, ses versions export ont été filmées sous le feu, loin du débat français, tandis qu’en Ukraine d’autres chars de même génération tombent par milliers. À Villepinte, le char de transition CAPINT roule déjà sous les projecteurs, signe que l’icône nationale a désormais un successeur à châssis allemand.

Un char aux flancs couleur sable avance lentement sur le béton gris du parc des expositions de Villepinte. Sa tourelle compacte, sans trappe ouverte, laisse deviner un équipage enfoui sous les blindages. Autour de lui, des visiteurs en costume serrent des sacs de documentation, smartphones levés, pendant que des commerciaux en veste bleu marine répètent la même phrase en anglais et en français. Sur leur badge, trois lettres blanches sur fond bleu rassemblent deux histoires industrielles que tout opposait dans les années 1980 : KNDS. Un peu en retrait, un Leclerc XLR au camouflage brun et vert reste immobile, posé sur ses chenilles comme un vétéran que l’on présente encore mais que l’on ne pousse plus au centre de la scène.

Le nouveau char s’appelle CAPINT, pour « capacité intermédiaire ». Il assemble une caisse de Leopard 2, modèle allemand entré en service au début des années 1980, et une tourelle française équipée d’un canon de 120 millimètres ASCALON et d’une électronique embarquée de dernière génération. Les représentants de KNDS expliquent que ce modèle doit commencer à remplacer les Leclerc de l’armée de terre à l’horizon 2035, en attendant un système de combat terrestre futur MGCS repoussé au-delà de 2040. Cette promesse place un char hybride au centre de la future flotte lourde française, alors que le Leclerc modernisé n’est plus présenté que comme une étape transitoire. La scène de Villepinte résume un basculement que les documents industriels décrivent en chiffres et en diagrammes d’actionnariat.

CAPINT et KNDS, le nouveau centre de gravité

La direction de KNDS présente le CAPINT comme la réponse à un besoin inscrit noir sur blanc dans la Loi de programmation militaire 2024-2030, qui fixe les priorités d’investissement des armées pour six ans. Ce texte prévoit la modernisation d’une partie du parc Leclerc au standard XLR et l’achat d’un char de transition pour assurer la jonction avec le programme MGCS. Dans les fiches techniques et communiqués autour d’Eurosatory, le CAPINT est décrit comme un « char de combat intermédiaire », combinant châssis allemand et tourelle française, capable d’emporter un équipage réduit, de piloter des drones d’observation et de coordonner des véhicules sans équipage, ce que les industriels appellent la manœuvre collaborative. Son architecture numérique doit lui permettre d’échanger en temps réel avec d’autres plateformes dotées de systèmes similaires, comme les blindés du programme SCORPION déjà en service. Le char présenté à Villepinte concrétise ainsi l’idée d’un successeur de facto du Leclerc au sein d’un dispositif de combat connecté.

Sur le stand, les responsables de KNDS détaillent la répartition des tâches entre les usines françaises et allemandes. La caisse et la chaîne de roulement proviennent de la famille Leopard 2, char produit par la division allemande de KNDS et vendu à plusieurs armées européennes et extra-européennes depuis quarante ans. La tourelle et le canon ASCALON sont développés par KNDS France, héritier de Nexter, avec l’objectif de maintenir une maîtrise nationale des systèmes d’armes de gros calibre et des munitions associées. Cette répartition, qui confie le « dessous » du char à l’Allemagne et le « dessus » à la France, reflète l’équilibre de KNDS lui-même, issu en 2015 de la fusion de Nexter et de KMW dans un holding basé aux Pays-Bas. Le CAPINT matérialise en acier et en électronique le compromis industriel et politique qui a progressivement relégué le Leclerc au rang de produit de parc.

Mi-juin, quelques jours avant l’ouverture du salon, Paris et Berlin ont annoncé un accord sur la stratégie et la gouvernance « paritaire » de KNDS. Les deux États se partagent le contrôle du groupe, la France via sa participation historique dans Nexter, l’Allemagne en entrant au capital de KNDS avec un objectif affiché de montée en puissance jusqu’à la parité. Cet accord ouvre la voie à une introduction en Bourse à Paris et à Francfort, évoquée par plusieurs dépêches comme une perspective à court terme, avec une valorisation potentielle de plusieurs milliards d’euros, sans chiffre officiel arrêté. Les communiqués présentent KNDS comme un « leader européen des systèmes terrestres », expression qui renvoie autant à la famille Leopard 2 qu’aux systèmes d’artillerie et au futur MGCS. Dans cette description, le Leclerc apparaît surtout comme une flotte existante à maintenir, non comme un produit porteur de croissance.

Les documents consacrés à Nexter rappellent que cette évolution est engagée depuis plus d’une décennie. La production en série du Leclerc a été arrêtée en 2008, après la livraison du dernier char neuf à l’armée de terre l’année précédente. En 2009, la part du Leclerc dans le chiffre d’affaires de Nexter est devenue marginale, le programme étant ramené à des activités de maintenance et de remise à niveau. L’arrivée du CAPINT donne un nom et une silhouette au successeur que ces chiffres annonçaient depuis longtemps. Sur le béton de Villepinte, la foule qui entoure le CAPINT et le cercle plus restreint autour du Leclerc XLR traduisent cette hiérarchie avant même que les premières livraisons aient lieu.

Gouvernance partagée, produit sans propriétaire

L’accord de juin 2026 formalisé par Paris et Berlin consacre un partage de pouvoir au sein de KNDS. Les deux États doivent détenir le groupe à parité, avec une gouvernance organisée pour encadrer les décisions stratégiques, notamment sur la localisation des grands programmes comme MGCS. Côté français, ce rôle prolonge celui que l’État occupait déjà en tant qu’actionnaire de Nexter, restructurée au milieu des années 2000 après de lourdes pertes. Côté allemand, il confirme que l’avenir des chars lourds européens se joue désormais dans une entreprise binationale, au cœur du projet MGCS. Entre ces deux lignes, le Leclerc glisse du statut de programme national à celui de patrimoine technique géré à l’intérieur d’un portefeuille commun.

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Pour l’armée française, cette recomposition ne change pas le besoin opérationnel, mais elle modifie la façon d’y répondre. Un point d’étape début 2026 souligne le retard pris par MGCS, annoncé initialement autour de 2040-2045, et les tensions sur les capacités lourdes à partir de 2030 si aucun char intermédiaire n’est développé. Les déclarations du délégué général pour l’armement Patrick Pailloux évoquent un optimisme « raisonnable » pour MGCS, mais admettent que l’abandon du programme d’avion de combat Scaf fragilise la coopération franco-allemande. Le CAPINT, mis au point par KNDS, doit en partie résoudre cette équation en s’appuyant sur la chaîne Leopard 2 pour la base roulante et sur les compétences françaises pour la tourelle. Le cœur de la capacité lourde française bascule ainsi progressivement dans un ensemble industriel dont l’État ne détient plus seul les clés.

À l’intérieur du groupe, le Leclerc reste associé aux usines françaises chargées de sa maintenance et de sa modernisation. Les contrats passés avec la Direction générale de l’armement portent sur le maintien en conditions opérationnelles du parc et sur la montée au standard XLR, pour des montants évalués en centaines de millions d’euros sur plusieurs années. En parallèle, les lignes de production liées au Leopard 2 continuent de livrer des chars neufs ou profondément modernisés à plusieurs pays européens, de la Pologne à la Norvège, ce qui garantit des volumes importants aux sous-traitants. La gouvernance paritaire entérine cette asymétrie : le char français historique devient un programme de support, tandis que la plateforme allemande fournit la base des développements futurs. Ce glissement prépare la chaîne qui mène du CAPINT au futur MGCS, où le Leclerc ne sera plus qu’un point de comparaison.

Leclerc XLR, une modernisation en biais

L’armée française a choisi de prolonger la carrière du Leclerc avec un standard XLR. Les documents de présentation du ministère des Armées décrivent ce standard comme la version « numérisée » du char, capable d’échanger des données tactiques en temps réel avec les autres véhicules du programme SCORPION. Le XLR reçoit une tourelle téléopérée pour l’armement secondaire, un système de communication sécurisé et une mise à niveau de la protection, incluant des blindages additionnels et des moyens de détection de menaces. L’objectif affiché est de maintenir un parc d’environ 200 chars en ligne à l’horizon 2040, en attendant l’arrivée d’un successeur. La présentation de cette modernisation ne mentionne pas encore le CAPINT, mais les calendriers des deux programmes finissent par se croiser dans les analyses publiques.

La guerre en Ukraine a rebattu les cartes en matière de chars lourds. Un rapport publié en juin 2026 recense plus de 5 000 chars russes et ukrainiens détruits depuis 2022, un niveau jamais atteint pour un conflit de cette durée. L’étude détaille l’usage massif de missiles antichars modernes, de drones kamikazes et de munitions rôdeuses contre ces véhicules, tout en montrant que les offensives les plus décisives ont souvent reposé sur des brigades blindées. Elle pose la question de la capacité des chars actuels à survivre dans un environnement où la détection et la destruction à distance sont plus faciles que dans les années 1990. Le Leclerc XLR arrive sur ce champ de bataille conceptuel avec des ajouts importants, mais sur une plateforme conçue pour un autre type de guerre.

Plusieurs analyses spécialisées insistent sur cette désynchronisation. Les améliorations apportées par XLR augmentent la protection et la connectivité, mais ne changent pas la masse ni la silhouette générale du char, qui dépasse 50 tonnes et reste visible pour de nombreux capteurs. Les études évoquent aussi le coût d’exploitation d’un parc limité : avec quelques centaines d’exemplaires en service, chaque char pèse davantage sur le budget de maintenance qu’un véhicule produit à des milliers d’unités. En parallèle, CAPINT s’appuie sur une base Leopard 2 largement diffusée, ce qui offre des économies d’échelle sur les pièces et les lignes d’assemblage. Les décisions d’investissement autour des chars lourds se prennent donc sur une ligne qui ne passe plus par le seul destin du Leclerc XLR.

Pour les régiments blindés français, cette coexistence annoncée entre Leclerc XLR et CAPINT n’est pas encore une réalité quotidienne. Elle liera directement leur entraînement et leur logistique aux arbitrages réalisés dans les conseils d’administration de KNDS et aux choix retenus pour MGCS. Ce déplacement de la décision concrète vers des instances binationales ajoute une couche de distance entre les équipages qui monteront dans les chars et l’histoire du Leclerc qui les a précédés.

Yémen, l’autre guerre du Leclerc

Au-delà des salons et des rapports, le destin du Leclerc s’est joué en partie sur un théâtre où le drapeau français n’apparaissait pas. À partir de 2015, les Émirats arabes unis engagent plusieurs dizaines de Leclerc dans l’intervention menée au Yémen au sein d’une coalition conduite par l’Arabie saoudite. Le contrat export conclu dans les années 1990, unique succès de cette ampleur pour le char français, portait sur 388 exemplaires vendus à Abou Dhabi, ainsi que sur des variantes de dépannage et d’appui. Ce sont ces blindés qui apparaissent dans des vidéos mises en ligne à partir de 2016 par des combattants houthis et par des observateurs locaux, souvent filmées au téléphone portable. Les images font circuler le Leclerc dans le monde entier en dehors des canaux officiels de l’armée française.

Les séquences les plus commentées montrent des Leclerc frappés par des missiles antichars d’origine soviétique, achetés sur le marché international pour des sommes bien inférieures au coût d’un char moderne. Le coût d’acquisition d’un Leclerc export était estimé, dans les années 1990, à plusieurs millions d’euros par char, en tenant compte des équipements et de la maintenance initiale. Sur certaines scènes, des chars apparaissent immobilisés, avec des tourelles noircies, des blindages latéraux arrachés ou des chenilles rompues dans des vallées étroites où les tirs latéraux sont plus fréquents que les duels de face. On voit aussi des blindages renforcés par des grilles métalliques ou des plaques improvisées, montées sur place par les équipages pour tenter de dévier les impacts de missiles. Cette guerre a servi de laboratoire à ciel ouvert au Leclerc, sans que la France n’en ait pris la parole publiquement.

Officiellement, Paris n’a jamais communiqué de bilan détaillé sur les pertes ou les dégâts subis par les Leclerc émiratis au Yémen. Aucun document public ne précise combien de chars ont été détruits, endommagés ou réparés, ni quels enseignements ont été tirés de ces engagements en matière de protection ou de doctrine d’emploi. Les présentations du programme XLR mentionnent une adaptation aux « nouvelles menaces », sans citer explicitement la campagne yéménite, qui reste cantonnée à des analyses d’experts ou à des documentaires spécialisés. Les seules traces visibles de cette expérience se trouvent donc dans des vidéos amateurs et dans quelques rapports de fond. Cette absence de récit officiel laisse ouvertes les questions sur le poids exact de cette guerre dans les décisions prises ensuite sur CAPINT et sur la refonte de la filière industrielle.

Un programme qui a failli emporter son constructeur

Le Leclerc est né d’un choix d’indépendance stratégique pris au début des années 1980. À cette période, les États-Unis finalisent le char M1 Abrams et l’Allemagne met en service le Leopard 2, deux modèles qui marquent une nouvelle génération de blindés. La France participe un temps à un projet commun de « char de combat 90 » avec la République fédérale d’Allemagne, avant que le Bundestag ne décide en 1982 de se retirer. Le ministère français de la Défense décide alors de poursuivre seul le développement d’un « engin principal de combat » pour remplacer l’AMX-30 et maintenir une filière nationale. Ce char reçoit officiellement en 1986 le nom de Leclerc, en référence au général de Hauteclocque, figure de la Libération.

Les spécifications fixées à Giat Industries, entreprise publique chargée de la conception et de la production, sont ambitieuses. Le nouveau char doit être capable de tirer en mouvement avec une grande précision, grâce à une conduite de tir informatisée, et de recharger automatiquement son canon de 120 millimètres, ce qui permet de réduire l’équipage à trois hommes. Le moteur, un V8 diesel associé à une turbine, doit fournir 1 500 chevaux pour propulser le char à des vitesses comparables à celles des modèles américains et allemands, malgré une masse similaire. Les premiers exemplaires entrent en service dans l’armée de terre en 1992, et un régiment équipé de Leclerc est alors présenté dans les documents doctrinaux comme équivalent, en puissance de feu, à plusieurs régiments dotés de chars soviétiques T-72 ou T-80. Au total, 862 chars de série sont produits, dont 406 pour la France et 388 pour les Émirats arabes unis, les livraisons s’étalant jusqu’en 2007.

Sur le plan financier, le programme met Giat à rude épreuve. Le contrat export émirati, signé pour un montant global de plusieurs milliards de francs, est présenté à l’époque comme la preuve que le Leclerc peut rivaliser avec ses concurrents, mais les conditions négociées ne couvrent pas l’ensemble des coûts de développement et de production. Au début des années 2000, Giat accumule des pertes importantes, en partie liées au programme Leclerc et à l’absence d’autres clients export significatifs. L’État doit recapitaliser l’entreprise à hauteur de plusieurs milliards d’euros et lance une restructuration qui aboutit à la création de Nexter, recentrée sur un portefeuille plus diversifié. Le char qui devait être la vitrine de l’armement terrestre français devient aussi l’exemple d’un programme qui a failli emporter son constructeur.

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À partir de la seconde moitié des années 2000, Nexter modifie donc sa trajectoire. L’entreprise mise sur le véhicule blindé de combat d’infanterie VBCI, sur le canon automoteur Caesar et sur d’autres systèmes plus facilement exportables, tout en continuant d’assurer la maintenance des Leclerc français et émiratis. En 2009, le Leclerc ne génère plus de chiffre d’affaires lié à la production neuve ; il apparaît dans les comptes comme un programme de soutien sur parc existant. Cette mutation prépare la fusion avec KMW et la création de KNDS en 2015, qui fera du char français un élément parmi d’autres d’un catalogue européen. Le CAPINT présenté en 2026 s’inscrit dans cette lignée, en refermant la parenthèse d’un char national conçu et produit intégralement en France.

Entre image publique et futur incertain

Dans les communications officielles, le Leclerc garde pourtant une place singulière. Les vidéos de présentation de l’armée de terre montrent encore le char franchissant des fossés, tirant en mouvement et évoluant au milieu de véhicules plus récents, en le qualifiant de « fer de lance » des forces blindées françaises. Des sites spécialisés et des boutiques d’équipements militaires décrivent le Leclerc comme un « blindé d’élite », en insistant sur sa conduite de tir et sur son niveau de protection. Dans ces représentations, le char reste associé à l’idée d’une supériorité qualitative française face aux anciens modèles soviétiques, héritée des comparaisons des années 1990. Cette image se fixe dans l’esprit du public alors même que le char glisse vers la sortie de la production.

À Eurosatory, en juin, cette dualité se lit dans l’organisation des stands. Le CAPINT, encore dépourvu de marquages nationaux, occupe le centre des démonstrations dynamiques, entouré de panneaux sur le futur système MGCS et sur la famille Leopard. Le Leclerc XLR, lui, est présenté dans des espaces plus statiques, aux côtés d’autres matériels modernisés, comme pour rappeler la continuité d’une flotte dont le renouvellement est déjà programmé. Les images qui circulent ensuite dans la presse spécialisée et sur les réseaux sociaux reprennent ce cadrage : un char avance, l’autre attend. Pour l’instant, aucune date officielle n’est mentionnée pour le retrait du dernier Leclerc du service actif français.

Sur une place d’armes, dans quelques années, un Leclerc XLR pourrait être garé à côté d’un CAPINT tout juste livré, les deux chars alignés devant les mêmes rangs de soldats. Les équipages monteront à bord avec des retours d’expérience venus d’Ukraine, des images de Yémen et des décisions prises dans les bureaux de KNDS. Le Leclerc aura alors accompli le trajet complet qui va d’un programme national solitaire à une silhouette familière en voie de remplacement.



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